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But the sun


Lui, c'était Kfir, lionceau en hébreu. Il se tenait là, planté au milieu du cerisier, embrassant les étoiles du regard et enlassant les branches de ses dix petits doigts. Fins petits doigts. Là-haut, comme bercé par le ciel, il reposait sur les feuilles et caressait les nuages, s'imaginant sans doute être cet oiseau flânant sur les courants. Ascendant. Il ascendait toujours, comme si rien ne pouvait l'arrêter, c'était comme ça depuis le début. Depuis sa naissance un 13 novembre, jour de froid, de pluie, de vent, de neige, de tempête, de larmes et de sourires esquissés, il tourbillonait vers le ciel tel un flocon à l'envers. Beaucoup de choses étaient inversées... et il n'avait jamais compris pourquoi les gens prétendaient être ce que leurs racines démentaients, pourquoi les gens carrés ne pouvaient jamais se tordre comme des lianes de lierre, pourquoi les gens voulaient l'avoir pour eux alors qu'il ne s'était même pas à lui même. Il n'était pas les gens, et ne tenait à rien. Pourquoi tenir ? Ca obligerai à lâcher un jour. Autant être libre de faire ce qu'on veut quand on veut, non ? C'est pourquoi les gens étaient laissés en bas comme des valeurs approchées de ce qui pouvait être, et lui volait sans limite vers l'infini. Kfir, nobody will run after you. Il n'avait pas d'ami, et ne ressentait pas d'affection pour un quelconque être vivant et mouvant. En revanche, il aimait les chênes, les roses et le souffle du vent dans les aulnes, il aimait les idées voletant comme des bergeronettes. Sa seule attache avait été la matrice qui l'avait mis au monde, mais tous les "come home little mama" ne l'ont pas fait revenir et il fait tout le temps nuit sur elle depuis 9 ans. Il arborait fièrement son unique héritage, une grande écharpe qu'il laissait trainer sur le sol comme pour garder un lien avec la Terre. Enfin "fièrement"... c'était juste naturel pour lui, il ne s'est jamais posé de question à ce sujet, comme à la plupart des sujets, imaginables ou non. Lui, c'était Kfir, lionceau en hébreu. Personne ne lui courrait plus après dans le lycée parce qu'il ne parlait pas. Ou presque. Quand les professeurs tentaient encore de l'interroger, il ne les entendait pas, ou réfléchissait intensément semblait-il avant de répondre distinctement quelque chose n'ayant que très peu de rapport avec la question en question. Kfir, nobody will help.

Pourtant, cette année, quelque chose avait changé. Ce quelque chose était brune, et de petite taille... il avait pensé 1m64, mais en réalité, elle en faisait 63. Enfin peu importait, ce qui comptait c'était son arrivée. Elle, c'était Kamone, la mouette en japonais. Ses parents l'avaient nommée ainsi, on ne sait pourquoi. Ils avaient disparu le jour de ses 14 ans, ne lui laissant qu'un compte en banque, une maison vide et une existence à reconstruire. Mais attention, ils n'étaient pas morts, juste partis, sans qu'on ne sache non plus pourquoi... ses parents étaient comme ça. Elle regardait aussi les nuages, mais s'était juste pour se dire que là-bas, il ferait sans doute plus chaud, plus près du Soleil. But the Sun... Elle n'avait non plus d'amis, mais c'était juste parce qu'elle ne restait jamais en place plus de 5 mois de suite, après, elle changeait, le compte en banque semblant inépuisable. Pourquoi changer ainsi ? Parce que tout le monde ne peut pas rester enfermé sur place. Enchaîné à des habitudes aussi grises que les nuages où il fait peut être chaud. Everybody has their own eyes to dry. Elle souriait tout le temps, mais jamais pour de vrai, parce qu'elle attendait de trouver une raison suffisante de bouger tous ces muscles faciaux pour le faire naturellement. Everybody has their own smile to hide. Elle attendait sans quelqu'un, à qui sourire sans retenue, à qui donner tout ce qu'elle gardait depuis toujours. Quelqu'un de différent. Everybody has their own blood to wipe. Et puis elle avait trouvé, trouvé dans ce lycée banal, rempli de regards vides et de coeurs secs d'avoir trop été usés sur ces romances futiles laissant les amants exangues. Trouvé celui qui n'avait rien d'autre qu'une écharpe et un esprit posé directement sur les nuages. Là où elle voulait aller depuis toujours, voir le Soleil de plus près. Kamone, c'était la mouette en japonais et des tas d'idées sur tout qui valsaient à tort et à travers empêchant les autres de rester terre-à-terre et les envoyait valdinguer dans les toiles de soie colorée qui tombaient des étoiles. Il était seul. But the sun.


Texte crit par Kamone le 25 janvier 2009 à 22h25. Vu 2167 fois.


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