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Le baiser


Dimanche 20 Mai 2007

* Sophie et Adrien, c’était écrit *


« Pour gagner ce jeu, il faut une jolie boite, une jolie copine…et le reste, on s’en fout… »

L’écran était devenu noir lorsque les lignes blanches et illisibles de la fin du générique glissèrent jusqu’au bas de l’écran. Le genre de lecture auquel personne ne s’intéresse vraiment. Adrien et Sophie n’y faisaient pas exception. Ils avaient détournés leur regard du téléviseur et s’était laissés bercés par l’obscurité apaisante de la chambre.


Ils s’étaient allongés sur le lit à présent, ballottés par les douces chansons émanant du poste de télévision, comme une boite à musique. Cela leur arrivait souvent, à vrai dire, cela leur arrivait toujours. Ils s’étendaient là, le visage enfoui dans le duvet des coussins, épris de fatigue après de multiples querelles complices.

Adrien tendit sa main et la posa subtilement sur le dos de Sophie. Il avait tant de fois caressé la courbe de son échine qu’il la connaissait par cœur. Sans doute aurait il pu la reconnaître parmi mille, si on le lui avait demandé. Sophie aimait ce genre de caresses, ce genre d’attention que l’on autorise que venant de personne que l’on aime particulièrement, et auxquels on fait entièrement confiance. Adrien faisait partie de ce genre de personne, il était son meilleur ami, pour ainsi dire, son confident et il y avait entre eux une indéfinissable relation de complicité que les années passées ensembles avaient mis en place. C’était un sentiment que tous deux n’auraient échangés pour rien au monde, une espèce d’amitié ambiguë. Comme un sucré salé, un succédané de tendresse dans les moments durs, et une oreille toujours tendus quand le temps se faisait orage.

Sophie sentait l’insensible caresses des doigts d’Adrien le long de sa colonne vertébrale faire courir un frisson jusqu’au bas de ses reins. Elle appréciait cette drôle de sensation, ce toucher doux, amical et affectueux le long de son échine. Elle passa sa main derrière la nuque d’Adrien et se lova contre lui. Elle enfouit sa tête dans le creux de sa poitrine tandis que les doigts du jeune homme continuait leur ballet sous son haut. Adrien la regarda se blottir tendrement contre lui, et se fit le plus confortable possible pour l’accueillir. Il aimait ce genre de débordement amical. C’était un spectacle de choix, et la vie lui avait accordé la meilleure place : première rangée, au centre. Les cheveux d’or de la jeune fille tombèrent en pluie sur le visage d’Adrien et il sentit son incomparable parfum pénétrer ses narines. Ce parfum, il l’avait senti des centaines de fois, pour ne pas dire des milliers et il en connaissait chaque arome, chaque essence envoûtante. Un frisson parcouru son corps lorsque la paume fraîche de Sophie glissa doucement sur son torse, en une délicate caresse.

Ce genre de moment, ils en avaient vécu des dizaines, c’était un moment privilégiés dont eux seuls avaient la chance de profiter. Néanmoins, ce soir là, il y avait quelque chose dans l’air, quelque chose de différents et d’insolite dans les caresses d’Adrien lorsque ses doigts caressèrent la nuque nue de Sophie jusqu’au bord de son décolleté. C’était une sensation nouvelle, comme un chien dans un jeu de quille.

De l’envie…

Leurs corps enlacés semblaient se rapprocher sans cesse, comme attirés par une force insolente et indomptable qui les étreignait de plus en plus serrés, de plus en plus proches.

La musique continuait de battre la mesure de leur soirée, de douces et paisibles mélodies, des chansons d’amour, la plupart du temps, de plus en plus fort. Il y avait quelque chose d’insoupçonné dans l’air, dans chaque note de musique. C’était certain. Il y avait indubitablement quelque chose. Même Sophie commençait à le sentir lorsque l’index d’Adrien se mit à frôler timidement ses lèvres.

Adrien avait longtemps réfléchi à ce geste, il avait longtemps cogité aux raisons qui l’avaient poussé à le faire. Mais en réalité, il n’y en avait eut qu’une seule : il en avait tout bonnement envie, et il l’avait fait. Il savait les questions naissantes dans sa tête, mais ce soir, il avait décidé de ne plus se fier aux points d’interrogations et de se laisser bercer par ses émotions. Tant pis pour la casse…

Sophie renfrogna son visage dans le coussin, même si chaque caresse l’attirait toujours un peu plus vers son meilleur ami. De nouveau elle perçut ce sucré salé dans sa tête, l’envie s’était mêlée à la méfiance pour un explosif cocktail de questions sans réponses. Elle savait pertinemment qu’il en avait envie, elle le sentait lorsque ses doigts glissaient avec douceur sur ses joues, sur ses lèvres ou dans le bas de son dos, l’étreignant toujours un peu plus contre lui.

Les idées se bousculaient dans la tête de Sophie, autant peut être que dans celle d’Adrien. L’envie se faisait de plus en plus oppressante et se battait contre les doutes qui proliféraient dans leurs esprits. La peur de tout gâcher demeurait sans doute le sujet de leur polémiques intérieure Leur inénarrable amitié avait été l’affaire de plusieurs longues années et s’étaient forgés dans une confiance aveugle. Pouvaient ils tout dilapider ce soir ?

Jamais ils n’avaient été aussi proches qu’à cet instant. Adrien sentit sa lèvre supérieure effleurer délicatement celle de Sophie. Ils en eurent un frisson.

Un baiser, qu’y avait il de mal à cela ?

Un baiser.

Juste un baiser...


Sophie inclina son visage jusqu’à ce que ses lèvres trouvent celles d’Adrien. Tous d’eux s’abandonnèrent à la passion, à la tendresse et à l’inévitable. Adrien passa son bras autour du corps de Sophie et ils s’embrassèrent ainsi, tremblant sous l’insolite de cette situation, sous sa magie inespérée. Sophie avait gardé les yeux fermés, comme pour mieux recentrer ses idées. Elle avait fini par céder à l’envie et elle savait que si elle ouvrait les yeux, elle trouverait peut être le regard rempli de questions d’Adrien.

Mais Adrien avait les yeux fermés, lui aussi. Englobé dans le parfum de Sophie et le nez dans ses cheveux étincelle. Ce baiser avait fait taire l’implacable doute qui sévissait dans sa tête. Quoi qu’impliquait ce baiser, il en valait la peine.

Sophie passa sa paume fraîche dans la nuque d’Adrien. Le sucré salé s’était accentué depuis que les lèvres sucrées d’Adrien avaient caressé sa bouche. C’était un goût agréable à présent, l’arome d’un doux et savoureux baiser.


Bercé par la musique et le battement cadencé de leurs cœurs, tous deux restèrent là, lovés dans la chaleur de ce moment d’interdit. Ils savaient qu’ils devraient bientôt ouvrir les yeux et faire face aux milliers de questions qui y suivraient.

« Give me your lips, and with one kiss, we begin… »

C’est ainsi que tout commença…


Texte crit par Adri le 28 janvier 2008 à 20h35. Vu 2918 fois.


Commentaires


Par Mr Blood le 5 avril 2008 à 16h09
Comme RH, on s'y croirait :o
Bien écrit, quelques fautes, qui m'ont fait douter du sens de la phrase à un moment, mais ça arrive à tout le monde ^^
Continue comme ça quand même ;)

Par Paul le 3 avril 2008 à 23h25
Oui très très bon texte !
Quel vocabulaire, quel style ! ^^

Par RH le 1 avril 2008 à 13h03
On s'y croirait. Non c'est vrai on est vraiment dans la tête de tes perso. Continue.

Par Louis le 26 février 2008 à 16h46
Remarquablement écrit, transcrit au lecteur, une sorte d'engouement pour cette oeuvre m'emporte sous le firmament de la brume . Bravo, belle prestation, mes distinctions salutés .

Par A last hope le 29 janvier 2008 à 19h02
Un grand bravo! De l'originalité, du réalisme...
Bravo!!
J'adore


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