Page d'accueil > Dossiers et Exposés > La montée en puissance de la presse à l'aube du XXème...
Mascotte de Bac Facile
Je reste à votre disposition durant votre visite.
N'hésitez pas à me solliciter en cas de besoin.
Vous pouvez également contribuer en nous envoyant vos documents.
Demander de l'aide - Contribuer - Expression libre
Bac Facile vous souhaite de très bonnes vacances !
Illustration
La montée en puissance de la presse à l'aube du XXème siècle


La fin du XIXème siècle vit l'apparition d'une nouvelle forme de journalisme : le journalisme d'investigation. La presse cherchait de plus en plus à "s'émanciper", et les petites gazettes firent place aux journaux à grands tirages, friands de scandales et fréquemment orientés politiquement ou religieusement, incarnés par les éditions de W. R. Hearst, le magnat de la presse américaine.

Chaque journal prend alors position, souvent en connivence avec des partis politiques ou des lobbys. Le cas le plus frappant est celui des journaux de W. R. Hearst. Celui ci, en accord avec Théodore Roosevelt, sous secrétaire d'Etat à la Marine des USA, se lance dans une campagne visant à dénoncer les atrocités commises par les espagnols à Cuba (petite île de l'Océan Atlantique dont la principale ressource est sa vente de canne à sucre) alors en révolte. Il cherche à émouvoir l'opinion publique au moyen de photographies pathétiques et, allant même jusqu'à épouser une évadée de reconcentrados (sorte de camp de concentration "à l'espagnole") vise à conduire les USA à la guerre, but partagé avec Théodore Roosevelt.
En France aussi, la presse, libérée du carcan césariste de Napoléon III, prend position. Sur fond d'affaire Dreyfus, chaque journal annonce clairement ses convictions. Citons l'Aurore, dans lequel Emile Zola dresse un terrible réquisitoire contre l'Etat français et la hiérarchie militaire, accusés d'incompétence et de mensonges, au moyen d'une lettre ouverte intitulée "J'accuse". Les antidreyfusards s'en donnent à coeur joie dans des journaux catholiques (La Croix, Le Pélerin), anarchistes (Le Père Peinard) et l'Extrème Droite.
A la même période, la presse française verse dans l'anglophobie suite à l'ultimatum (menace de déclaration de guerre si on ne répond pas à certaines exigences) lancé par la Grande Bretagne à la France à cause de Fachoda (petit bourg soudanais qui avait le malheur de se trouver au croisement des projets d'axes ferroviaires ouest-est transafricain des Français et nord-sud des Britanniques). Le lobby colonial (groupe de pression qui cherche à influencer les décideurs) cherche à pousser la France à la guerre. De l'autre côté de la Manche, la presse britannique donne dans le jingoïsme, doctrine prétendant que de tous les peuples d'Europe, les Anglais sont les plus équilibrés, subtil mélange de fair-play, de culture et de retenue dans l'excès et qu'à ce titre, ils peuvent prétendre exercer la police du Monde.

Aux USA, la campagne de Hearst est un succès. Les images si touchantes de réfugiés cubains choquent l'opinion publique, qui pousse à la guerre, déclarée quelques semaiines plus tard, suite à l'explosion d'un croiseur américain dans un port cubain. Elle s'achèvera quelques jours plus tard, sur une victoire écrasante des Américains, ce qui propulsera T. Roosevelt président des USA.
En France, le battage médiatique conduit à une véritable crise politique. Chacun choisit son camp, dreyfusard ou antidreyfusard. Ces tensions, entraînant parfois des combats de rue (comme l'assaut de fort Chabrol défendu par les garçons bouchers de Drumont en 1899) ne s'achèveront qu'en 1907 lorsque Dreyfus sera gracié par le président E. Loubet. Les journaux d'extrême droite font le lien entre Dreyfus et Fachoda et avancent que la République est "pourrie", que l'honneur de la France est terni et appellent à un "grand nettoyage". Cependant, la guerre sera évitée par Delcassé, le chef de la diplomatie française, qui voyait en la Grande Bretagne un allié de poids face à l'Allemagne, dans son but de reconquérir l'Alsace et la Lorraine, annéxées par la Prusse en 1870. Aussi les militaires français reçurent-ils l'ordre de quitter Fachoda, et de le laisser aux Britanniques.

Si le pouvoir de la presse est croissant en cette fin de XIXème siècle, il n'en reste pas moins orienté. La liberté d'expression étant de plus en plus respectée, la dénonciation de scandale ou d'injustice devient possible, d'autant plus que les tirages des journaux sont de plus en plus importants. Mais les tirages de masse permettent d'avoir une réelle emprise sur l'opinion, il devient alors facile pour un lobby de vehiculer ses idées et ses convictions à la manière du lobby colonial de Marchand ou du lobby belliqueux de T. Roosevelt, ou des mouvances antisémites françaises.
Le XXème s'ouvre sous le signe d'une dictature de l'image, toujours d'actualité aujourd'hui. Après tout, n'est-il pas notoire que la guerre du Golfe, ou, plus récemment la guerre du Kosovo ont donné lieu à de grossières mises en scène de la presse ?

Commentaires


Personne n'a laissé de commentaire sur ce document. Soyez le premier en complétant le formulaire ci-dessous.


Poster un commentaire

Votre pseudo :
Votre e-mail (facultatif et privé) :
Commentaire :
Piège anti-robot : somme du chiffre un et du chiffre deux en toutes lettres :
 


Signaler une erreur - Imprimer ce document - -
Share/Bookmark
Copyright Bac Facile 2016 - Copie interdite sans autorisation - Tous droits réservés.
Les documents mis à disposition sont publiés sous notre licence d'utilisation Bac Facile.