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Canal Plus a t-il perdu sa liberté ?


Canal+ a-t-il perdu sa liberté ?

I Les débuts de Canal+

Naissance
Structure
Différence avec les autres chaînes
Emissions
Des sketchs polémiques

II La montée en puissance de Vivendi

Chronologie
Nouvel organigramme
Secteurs d'activité
La charte de Vivendi

III Canal+ aujourd'hui


Le rappel à l'ordre du CSA
Des caisses vides
Les nouveaux programmes

I) Les débuts de Canal+

Naissance

A mi-chemin entre une chaîne généraliste et une chaîne thématique, avec des programmes toujours dominés par le sport et la diffusion de films récents, Canal+ fondée en 1982 commence à émettre en 1984

Organigramme début 1994

Différence avec les autres chaînes

Canal + utilise un système de diffusion original dans la paysage audiovisuel français de l'époque : elle est cryptée (un décodeur est nécessaire à sa réception) et payante (l'abonnement s'élève à 180F/ mois). Néanmoins, une plage horaire est accessible à tous. Cette plage horaire correspond surtout à l'émission phare de Canal + : Nulle Part Ailleurs. Le but est bien entendu de donner envie aux téléspectateurs de prendre un abonnement après avoir vu cet ''échantillon''.
La grille des programmes de Canal + est constituée en grande partie de films récents et souvent en exclusivité. C'est d'ailleurs pour obtenir et garantir cette exclusivité que Canal + a crée son propre maison de production cinématographique : Studio Canal.
Le deuxième point fort de la programmation de Canal + reste le sport. Dirigé par Charles Biétry de 1991 à 1997 puis par Michel Denisot, le sport représente 35% des programmes de Canal et devance ainsi de très loin les autres chaînes régulières . Le sport est d'ailleurs le deuxième motif d'abonnement à Canal+ (derrière le cinéma et devant les films pornographiques).
La chaîne est aussi populaire par une totale absence de publicité pendant les programmes. En effet la quasi-totalité (92%) du budget est construit à partir des abonnements. Ceci entraîne inexorablement une régulière ponctualité, forte appréciée des abonnés et qui la différencie de ses concurrentes.


Emissions , Présentateurs

L'émission phare de Canal+ est bien sûr Nulle Part Ailleurs (NPA). Diffusé en clair de 19H à 20H30 (le plus souvent) elle est le programme qui réussit le meilleur taux d'audience de Canal+. Au départ cette émission revendiquait son esprit ''rock'' et jeune. Le principe est simple: autour d'un présentateur, Philippe Gildas, s'articulaient des informations, des invités (souvent artistiques: cinéma, littérature, chanson), la météo , tout ce qui constituerait en fait un Journal Télévisé presque ordinaire. Seulement tout au long de l'émission, les téléspectateurs assistent à des sketches quotidiens. Les plus réguliers sont ceux d'Antoine de Caunes , qui est pratiquement un co-présentateur, aidé occasionnellement de son acolyte José Garcia. On retrouve également quotidiennement l'émission des Nuls,( concoctée par Alain Chabat, Chantal Lauby et Dominique Faruggia), les Deschiens (dirigés par François Morel), le journal de Moustic et bien entendu Les Guignols de l'Info (dont faisaient alors partie Bruno Delépine et Yves Lecocq).
Cette dernière partie quotidienne et longue d'une dizaine de minutes a pour but de nous donner un regard critique et humoristique de la société et surtout de la politique française. La satire, proposée par cette équipe de jeunes écrivains, n'a laissé personne indifférent et elle a toujours été le moment fort de NPA.


Des sketchs polémiques


Les auteurs d'alors ne se gênaient pas pour exprimer leur opinion et laisser libre cours à leur imagination. La direction de Canal+ les laissaient également libres de diffuser ce qu'ils voulaient . Cependant quelques sketchs ont, dès leurs diffusions amené une polémique.
En effet on voit, dans un sketch des Guignols, la marionnette de Bernadette Chirac poussant des cris jouissifs en caressant son sac à main. L'image est ensuite cryptée et accompagnée du symbole ''film X''. Si Canal+ a laissé diffuser ce sketch, le CSA (Conseil Supérieur de l'Audiovisuel) présidé par Hervé Bourges a ordonné sa censure et a infligé une amende à la chaîne.
Ce même CSA a également convoqué Alain de Greff, directeur des programmes, pour un sketch réalisé par l'équipe de Jules-Edouard Moustic où l'on voyait un reporter ayant des relations pour le moins salace avec un mouton. Alain de Greff devait expliquer pourquoi il avait laissé diffuser ce programme et là encore Canal+ a été mis à l'amende.
On observe donc une certaine agressivité dans les piques lancées par Canal+ et ces émissions font peur au paysage politique français et Canal+ ne fait rien pour censurer ce genre de sketchs polémiques.



En créant Canal+ , André Rousselet voulait donner naissance à une chaîne atypique, à l'esprit jeune et libre. Tous ses efforts furent , dans un premier temps, récompensés par une popularité, un nombre d'abonnements toujours grandissants mais aussi l'aspect indépendant de la chaîne et la forte personnalité de ses présentateurs.
Cependant, en voulant toujours grandir et étendre son aspect commercial, Canal+ laissera faire l'entrée progressive de Vivendi (ex- Générale des Eaux) , ce qui modifiera complètement la donne.

II) La montée en puissance de Vivendi


Chronologie


16 février 1994

André Rousselet démissionne de la présidence de Canal+. Dans un texte paru dans Le Monde du 17 février 1994, intitulé ''Edouard (Balladur) m'a tué", il dénonce les manœuvres pour mettre la chaîne sous contrôle. Six jours plus tôt, profitant de la nouvelle loi Carignon sur l'audiovisuel, qui permet à un actionnaire de détenir 49% d'une chaîne (au lieu de 25%) Havas et la Générale des Eaux ont annoncé la création d'un pacte d'actionnaires sans en avoir informé M. Rousselet. Canal+ est mis sous tutelle. La Générale des Eaux, en mauvaise santé financière, sécurise une de ses seules sources de profit. Pierre Lescure devient PDG de Canal+


Printemps 1995

Pierre Dauzier, PDG d'Havas rêve de constituer un grand groupe multimédia. Pour y parvenir il tente de remplacer Pierre Lescure à la tête de Canal + et de rapprocher la chaîne cryptée de la société luxembourgeoise CLT, dont Havas est actionnaire. La manœuvre échoue, M. Messier, directeur général de la Générale des Eaux depuis 1994 et hostile à un rapprochement avec la CLT, qui réduirait le poids de son groupe, apporte ''son soutien avec vigueur à Pierre Lescure''. Le projet est enterré en juillet.


6 septembre 1996

Canal + annonce sa fusion avec Nethold, la filiale audiovisuelle du groupe de luxe Richemont, qui lui permet de se renforcer en Europe au prix d'un fort endettement et de pertes ''au moins jusqu'en 1999''.
Déstabilisé, ses négociations avec l'allemand Bertelsmann ont par ailleurs échoué, M.Dauzier ne peut s'opposer à ce mariage qui le marginalise au sein de Canal+. M.Messier devenu PDG de la Général des Eaux, a soutenu ce rachat et prévenu que son groupe, lui aussi dilué, retrouverait son niveau antérieur ''en acquérant des titres auprès d'autres membres de la chaîne cryptée''.


6 février 1997

La Générale des Eaux se porte acquéreur des deux tiers des 21,3 %que détient Alcatel-Alsthom dans Havas et devient le premier actionnaire du groupe avec plus de 30% du capital. En échange, M.Messier cède à Havas 19,3 % dans Canal+ ainsi que la Générale d'images. La Générale des Eaux, qui se présente comme ''un actionnaire à long terme d'Havas'' demande à cette dernière de se concentrer sur l'édition et l'audiovisuel. Dans la foulée ''pour éviter de lancer une OPA sur la chaîne'', selon Marc-André Feffer, vice-président de Canal+, un nouveau pacte d'actionnaires est conclu entre Havas et Richemont, détenteurs de 49% du capital de la chaîne cryptée.


23 février 1998

La cour d'appel de Paris dispense la Générale des Eaux de lancer une OPA évaluée à 20 milliards de Francs sur Havas, comme le demandaient les actionnaires minoritaires. Le 9 mars, le groupe de M.Messier annonce une offre publique d'échange sur Havas. M.Dauzier est remplacé par Eric Licoys à la tête d'Havas, qui devient le pôle édition du groupe. La participation de Canal+ est directement rattachée à la Générale des Eaux, devenue Vivendi.


25 janvier 1999

Vivendi rachète la participation de 19,6% détenue par Vincent Bolloré dans Pathé, puis lance une opération de fusion. Jérome Seydoux, président de Pathé, abandonne sa participation dans CanalSatellite et surtout les 17% de BskyB, bouquet satellite contrôl« par Rupert Murdoch.


22 juillet 1999

M.Messier monte à 24,5 % dans le capital de BskyB et accroît la pression sur M.Murdoch. Il échange les 15% détenus par Richemont dans Canal+ contre 2,9 % du capital de Vivendi, ce qui lui donne 49% de la chaîne cryptée. M.Lescure, affaibli par les pertes de Canal+ liées à Nethold et l'échec des négociations avec TPS, le bouquet satellite concurrent de CanalSatellite, puis avec Rupert Murdoch, ne peut s'opposer à la montée de son puissant actionnaire. M.Messier affirme qu'il ''redescendra à 40%''.


19 juin 2000

Annonce du projet de fusion de Vivendi avec Seagram et Canal+.


11 décembre 2000

Après l'approbation des trois assemblées générales, la fusion de Vivendi avec Seagram et Canal+ donne naissance à Vivendi Universal, côtée à Paris, New Ork et Toronto. LA CHAINE CRYPTEE PASSE ENTIEREMENT SOUS LE CONTROLE DE LA NOUVELLE ENTITE.


La nouvelle structure


Actionnaires de Seagram:
29%
Actionnaires de Canal+:
12%

VIVENDI UNIVERSAL

Président: M.Messier

Vice-présidents:
M.Bronfman
M.Lescure

Secteurs d'activité

Image Musique Edition Telecom (44 %) Internet Environnement

49% de Canal Universal Havas Cegetel Vizzavi (50 % Vivendi) Eaux
Universal Polygram ( L'Express 80% de SFR Internet Canal+, Havas Propriété
Canal Satellite Deutsche Grammophon L'Expansion Traitement des déchets
Studio Canal Larousse Energie




Jean-Marie Messier, président du groupe Universal a un salaire de 28 millions de francs (hors stocks-options) ce qui fait de lui, le patron le mieux payé de France.

La charte de Vivendi (c.f. pièces jointes)


15 jours après l'annonce de la fusion Vivendi-Seagram-Canal, M.Messier fait paraître une charte dans laquelle il tente d'expliquer ses intentions.
Il apparaît clairement dans ce communiqué que le groupe Vivendi a les meilleures intentions du monde et veut, à tout prix, laisser à la chaîne son indépendance et sa liberté éditoriale. Ainsi, on lit §2: ''L'intégrité et l'unité de Canal+ tout au long de la chaîne de valeur seront préservées à travers une société Canal+, filiale à 100% de Vivendi-Universal''.
Tout au long de cette charte, Vivendi ne cesse de marteler que Canal+, bien qu'elle soit aujourd'hui dirigée par M.Messier conserve son identité, son indépendance, etc , comme pour se protéger à l'avance des accusations de contrôle que l'on pourrait porter.

III) Canal+ aujourd'hui


Le rappel à l'ordre du CSA


Après plusieurs réunions avec les responsables de Vivendi et de Canal +, mais aussi avec les organisations professionnelles du cinéma et les sociétés de droit d'auteur, les neuf sages du CSA, en juillet 2000, ne remettent pas en cause l'autorisation d'émettre de la chaîne comme certains l'ont redouté un moment. Pour obtenir leur feu vert, de nombreux aménagements ont été apportés au projet initialement présenté par Jean-Marie Messier et Pierre Lescure. Lors d'une ultime audition du CSA, les représentants de Canal+ et de Vivendi ont confirmé qu'ils renonçaient au point le plus controversé du dispositif, à savoir la perte par la chaîne ''premium'' de son parc d'abonnés.
M.Messier proposait de séparer Canal + en deux sociétés distinctes: la chaîne elle-même , rebaptisée Canal + Programmes , et Canal + Distribution, regroupant les autres activités du groupe (CanalSatellite, Studio Canal, Canal + International, etc). Cette dernière, filiale à 100% de la nouvelle entité Vivendi-Universal, héritait des catalogues de droits cinématographiques et sportifs, ainsi que des 4,3 millions d'abonnés de Canal +.
Ce montage avait l'avantage, pour le nouveau président de Canal +, de respecter la loi Carignon qui prévoit qu'un actionnaire ne peut détenir à lui seul plus de 49% d'une chaîne de télévision. En même temps, Vivendi et son partenaire canadien récupéraient 100 % des actifs de la chaîne par le transfert des droits et des abonnés de Canal + Distribution. Mais les inconvénients du découpage n'ont pas tardé à apparaître, y compris aux yeux de ceux qui avaient applaudi à la fusion entre Vivendi et Seagram: réduite au rôle de producteur et de diffuseur de programmes, la chaîne cryptée se trouvait transformée en coquille vide, et la loi était habilement contournée.
''Nous voulons que la loi française soit respectée et pas seulement par des tours de passe-passe" avait averti Hervé Bourges, président du CSA.
Les membres du CSA ont , en effet, rapidement compris que s'ils validaient en l'état une telle architecture, leur décision serait considérée comme un précédent pour les concurrents de Canal +.
Les actionnaires de TF1 ou de M6 ne cachaient pas leur intention de présenter des projets similaires afin de bénéficier à 100 % de leurs investissements dans leur chaîne. Politiquement une telle décision était difficile à assumer, quelques semaines seulement après le vote de la loi Trautmann, qui confirme la règle des 49%.

Pour calmer les premières inquiétudes Jean-Marie Messier avait certes fait ajouter à la charte régissant les rapports entre Canal + et Vivendi-Universal un chapitre précisant que ''les relations entre Canal + Programmes et Canal+ Distribution seront établies dans un contrat de longue durée''. En particulier, Canal + Distribution s'engageait à reverser la totalité des recettes liées à la gestion des fichiers d'abonnés à Canal + Programmes. Cet engagement contractuel était une amélioration , mais pas une garantie suffisante de pérennité notamment pour les professionnels du cinéma qui redoutaient une baisse du financement de leurs films proportionnellement à la diminution du chiffre d'affaires de la chaîne.

Dans la dernière mouture du projet de fusion présentée au CSA, Canal + Programmes conservera la propriété de ses abonnés mais en confiera la jouissance à Canal + Distribution. La première percevra directement les recettes, qu'elle reversera directement à la seconde. ''Cette solution satisfait tout le monde '' indiquait-on chez Canal +, à la sortie de la réunion avec le CSA. L'état-major de la chaîne cryptée ne peut que se féliciter d'avoir recouvré un périmètre et une autonomie de gestion plus grands. Chez Catherine Tasca, ministre de la culture et de la communication, qui s'était montrée réservée, le rappel à la loi devrait être apprécié. Quant au président du CSA, dont le mandat arrive à expiration, il pourra s'enorgueillir d'avoir montré que son rôle ne se limite pas à celui de ''gardien de square'' que d'aucuns moquaient.
Du côté de Vivendi, on se console d'avoir dû changer diamétralement de tactique en rappellent que les parités de la fusion avec Seagram ne sont pas remis en cause. Le poids des abonnés n'est pas mince dans la parité de fusion entre Vivendi et le groupe canadien: la chaîne cryptée (qui deviendra Canal + Programmes) réalise près de la moitié du chiffre d'affaires du groupe Canal +.


Des caisses vides

Voir pièces jointes :
Sketch des Guignols mettant en scène Alain Denisot faisant tout pour cacher la mauvaise santé financière de Canal +


Vivendi Universal n'en fait pas mystère: '' La direction du groupe Canal +sera jugée sur ses résultats'', indique l'entourage de M.Messier. Dirigée par le tandem M.Lescure et Denis Olivennes (directeur général du Groupe Canal +), la filiale doit se plier aux règles instaurées par la maison mère. L'objectif fixé est '' d'atteindre l'équilibre dans deux ans et d'être bénéficiaire dans trois'' indique Canal +. Cette nouvelle ambition annule et remplace l'imprudente prévision de Lescure qui avait annoncé en 1999, l'équilibre pour 2000 et 1 milliard de francs de bénéfices pour l'année suivante. On en est loin. En 2000, la filiale télévision et cinéma de Vivendi Universal affiche plus de 1 milliard de francs de pertes. Face à un tel gouffre, M.Messier est pressé de voir l'amorce d'un redressement ''Canal + a six mois pour donner des premiers résultats'' signalaient certains à la direction de Vivendi Universal.
M.Lescure s'affirme prêt à relever ce défi. Il n'a pas attendu l'injonction de M.Messier pour de fixer comme objectif que ''Canal + retrouve au plus vite les bénéfices''. En pratique, c'est M.Olivennes qui a la charge de dégager un chiffres d'affaires plus fort et de réduire les dépenses. Cette compression annoncée des coûts fait craindre aux syndicats un plan social. Pour l'heure la direction de la chaîne cryptée ne veut pas entendre parler de licenciements. Elle préfère prêcher la ''mobilité interne''.

Les syndicats s'interrogent sur les conséquences des économies envisagées. Les premiers secteurs touchés par le dégraissage pourraient être la production et l'exploitation selon la CFDT. Des chiffres circulent déjà. La production compterait entre 20 et 40 % de personnes en trop. L'exploitation serait moins pléthorique avec 10 à 20 % de salariés en trop. Le chiffre définitif , estime le syndicat, dépend de la prochaine grille de rentrée sur laquelle planche Michel Denisot et Alexandre Drubigny (qui a remplacé Alain de Greff comme responsable des programmes). Pour la rentrés 2001, le nouveau tandem de Canal + devra réaliser ses projets avec une enveloppe allégée de 10 %. Un premier pas pour réduire le coût de la grille des programmes en clair, qui a explosé en 10 ans, souligne-t-on chez Canal.
A partir de septembre, Canal + devra donc réaliser moins de productions en interne et faire appel à des producteurs extérieurs. Au final, cette rigueur pourrait concerner 200 personnes qui devraient majoritairement être replacées à l'intérieur du groupe. Un mouvement effectué sans licenciement sec croient savoir les syndicats. Toutefois, ''ceux qui souhaitent s'en aller sont déjà reçus à bras ouverts par la direction qui les aidera même à partir'' confie un salarié.
Les personnels ne seront pas les seuls touchés par ce train d'économies. Le périmètre d'activité du groupe devrait aussi être revu. En septembre Groupe Canal + ne sera plus propriétaire à 100 % d'I-Television mais en restera l'opérateur, indique Pierre Lescure. Canal + souhaite conserver 50 % du capital et céder l'autre moitié à des partenaires industriels. Pour approvisionner sa chaîne en images de l'actualité internationale et en informations économiques et financières, le groupe pourrait s'entendre avec le groupe britannique ITN, déjà actionnaire majoritaire de la chaîne européenne d'information Euronews.
Canal + est également prête à vendre son réseau câblé NC Numéricable, sa part dans la filiale italienne Telepiu ainsi sue les polonais de Cyfra +.
Pour séduire les analystes et les investisseurs Canal + devra aussi accroître son chiffre d'affaires par abonné. Notamment grâce aux revenus des services interactifs. Un défi difficile.

Les nouveaux programmes

Le sport

La chaîne pourrait proposer un peu moins de football et mieux sélectionner cette offre sportive . Cette diminution semble, au moins en partie, liée au coût de retransmission des matches. Dès 2001, la facture du football français réglée par Canal + va doubler : 1,6 milliard de francs par an, contre près de 800 millions auparavant. Toutefois Canal + conservera ses exclusivités et devra composer sa nouvelle chaîne sportive dès que la clause de non- concurrence d'un an, liée à son récent départ du capital d'Eurosport, arrivera à échéance.
En contrepartie, Canal + va se concentrer sur d'autres sports ''moins chers'' comme le rugby, diffusé déjà depuis 2 ans. L'année prochaine la chaîne fera également son entrée dans les courses de chevaux, ce qui est une petite révolution culturelle pour Canal.

Le cinéma

Le cinéma a désormais une place primordiale dans la chaîne puisqu'il bénéficie d'un plage quotidienne de 20 minutes dans Nulle Part Ailleurs ainsi que de l'habituel Journal du Cinéma le mercredi. On retrouve également des émissions quotidiennes comme Allons au cinéma ce week-end. La plupart de ces émissions sont désormais présentées par Isabelle Giordano qui a donc pris une place importante dans la grille des programmes. On peut remarquer cependant que Canal + n'a pas envoyé pour l'actuel Festival de Cannes une équipe aussi important que les autres années (faute de moyens sûrement même si la direction le nie).


Nulle Part Ailleurs

Après avoir été entre les mains de Guillaume Durand (1997-1999) puis de Nagui (1999-2000), la place de présentateur est désormais la propriété de Thierry Dugeon depuis septembre. Inconnu avant cette date, il a cependant dû régulièrement laisser sa place. Ainsi depuis 8 mois, on a pu voir sur le siège NPA (soir) Emmanuelle Caumes, Philippe Vandel, Ariel Widman , Philippe Vecchi…
Ainsi la direction de la chaîne ne semble pas (ou ne veut) trouver la bonne formule pour présenter ce qui reste tout de même l'émission - phare en même temps que la vitrine de la chaîne. Ainsi, depuis le départ du ''mythique'' Philippe Gildas en 1997, l'émission a irrémédiablement perdu de sa personnalité. On ne voit pas qui serait capable aujourd'hui de le remplacer et l'ex - présentateur refuse de reprendre son poste du soir et quitter celui du midi.
En effet Nulle Part Ailleurs s'est désormais étendu à, quasiment, toute la plage horaire en clair de Canal +. On retrouve donc le matin NPA matin, présenté par Alexandre Devoise, NPA midi, avec Philippe Gildas, Jérôme Bonaldi, et donc NPA soir.
On retrouve pendant ce NPA soir des interventions d'Axelle Laffont, censée présenter la météo et des Robins des Bois, arrivés à la chaîne l'année dernière. Ceux-ci, cependant, sont loin d'être à la hauteur de leurs illustres prédécesseurs. Heureusement pour Canal +, on retrouve régulièrement Moustic et son 20H20 qui, lui, continue de critiquer tout ce qu'il veut et les immuables Deschiens.
En ce qui concerne les Guignols de l'Info, la nouvelle équipe, arrivée l'année dernière également et dirigée désormais par Bruno Gaccio semble moins percutante qu'avant, malgré quelques bons sketchs. On remarque aussi qu'elle ne fait preuve d'aucune agressivité lorsqu'il s'agit de montrer les problèmes que pose le contrôle de Vivendi-Universal et de son président Jean-Marie Messier sur la chaîne. Ainsi, si la marionnette existe bel et bien, elle n'est jamais réellement mise en danger (cf: pièce jointe, sketch des Guignols mettant en scène MM .Messier, Lescure et De Greff).

Canal + pouvait, à ses débuts revendiquer l'esprit jeune et indépendant qui la caractérisait grâce à l'impulsion de son président André Rousselet et de son équipe et le nombre d'abonnements était toujours grandissant. Seulement, pour avoir trop voulu s'agrandir et s'enrichir, Canal + a fini, après de nombreuses manœuvres financières à être totalement absorbée par Vivendi et son président Jean-Marie Messier. Celui-ci a pris le contrôle de la chaîne qui n'est , elle-même, qu'une faible partie de l'''entité'' Vivendi-Universal. Ainsi il semble peu préoccupé des programmes et du devenir de la chaîne. Ainsi, Canal + semble avoir perdu son âme. On ne retrouve plus ce qui faisait sa liberté d'antan, c'est-à-dire une indépendance, un esprit libre et un regard critique et non corrompu de la société française.
C'est tout cela que Canal + a perdu depuis quelques années et ce qu'on pouvait le plus redouter.
Canal + s'est fourvoyé en voulant devenir trop commercial. André Rousselet l'avait d'ailleurs compris en quittant la présidence de la chaîne en 1994.

Sources :

_Le Monde
_www.lemonde.fr
_www.canalplus.fr
_le magazine de Canal + (05/01).
_www.yahoo.fr
_L'Equipe (10/05/2001)
_Encarta 99

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