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Résistance et déportation : les stèles commémoratives


INTRODUCTION

Le 17 juin 1940, le Maréchal Philippe Pétain, Président du Conseil français demande l'armistice à Adolf Hitler suite à la débâcle de l'armée franco-anglaise. Dès le lendemain, un homme alors peu connu des Français, le Général Charles de Gaulle, réfugié en Angleterre lance déjà un appel à la résistance :



appel lancé le 18 juin 1940 à 20 H sur les ondes de la B.B.C.



Les conditions imposées par les Allemands se révèlent sévères et dégradantes pour la population (les lois anti - juives de Vichy qui mettent le peuple juif de coté). La France est alors divisée en deux parties : le territoire occupé par les Allemands a une superficie nettement supérieure au territoire encore libre. En raison du blocus continental, les Allemands fournissent à la population des produits de remplacements : les ersatz pour le sucre et l'huile essentiellement.

A partir de janvier 1943, pour pouvoir assurer le ravitaillement de leurs troupes, ils créent le Service de Travail Obligatoire (S.T.O) en recrutant les jeunes de tous les pays conquis. Pour échapper à cette astreinte collaborationniste, de nombreux jeunes gens préfèrent changer d'identité et prendre le maquis afin de grossir les rangs de la Résistance.



La résistance a rassemblé des hommes épris de liberté, issus de tous les milieux et de toutes les tendances politiques à l'exception de l'Extrême Droite de l'époque. Il est à rappeler que, avant la guerre, des opposants au régime fasciste de Mussolini, les frères Rosselli, furent assassinés par la Cagoule (organisation française clandestine d'extrème droite qui tenta, entre 1935 et 1937, de renverser le régime parlementaire par une série d'attentats. La Cagoule est l'une de ces organisations aux frontières du banditisme et du terrorisme politique dont les années 1930 connurent la multiplication. Ce comité secret d'action révolutionnaire, fondé par Eugène Deloncle en 1935, recrutait parmi les ligues fascistes françaises et les anciens combattants) près de Bagnoles de l' Orne.



Cette stèle a été érigée en leur honneur (inauguration le 19 juin 1949). Le monument est en marbre de Carrare, d'un seul bloc pesant 11 tonnes. Une inscription rappelle le drame. Il s'agissait là d'un des premiers actes de Résistance au régime fasciste qui deviendra plus tard le régime nazi.

Aujourd'hui, lorsque l'on repense à cette époque, les Résistants nous apparaissent comme des héros. Après la guerre, de nombreux monuments furent érigés à la mémoire de ceux qui sont morts pour la liberté.

Ces monuments sont tous porteurs de messages :

- la valeur du sentiment national

- la défense de la République et de la Démocratie

- l'engagement des jeunes, des fonctionnaires, des enseignants



Tous ces hommes, tous ces résistants, ont su mettre de côté leurs différences et se rassembler pour une grande cause : sauver la liberté face à l'oppresseur. C'est ce message qu'on peut lire, gravé sur toutes les pierres, stèles et plaques, en témoignage pour les générations futures...




LES DEBUTS DE LA RESISTANCE DANS L'ORNE




Inaugurée le 24 septembre 1978, la stèle en l'honneur de Michel COUPRY témoigne du refus de résignation des plus jeunes.





"Ici a été fusillé

par les Allemands

le 23 septembre 1940

à l'âge de 19 ans

MICHEL COUPRY

1ère victime dans l'Orne

de l'occupation nazie

Mort pour la FRANCE"



Dans la nuit du 12 au 13 août 1940, Michel COUPRY (19 ans) et Roger COUPE (16 ans) établissent plusieurs barrages réalisés avec des poteaux télégraphiques, des bidons d'essences et des panneaux de signalisations. Ceux-ci sont découverts par les Allemands qui prennent 11 otages pour les contraindre à se dénoncer. Le 17 août, les gendarmes arrêtent les deux garçons. Lors d'un premier jugement à L'Aigle, Michel COUPRY est condamné à 7 ans de travaux forcés et son camarade à 5 ans, peine déjà excessive. Peu de temps après, l'affaire est rejugée à Alençon par le Conseil de guerre allemand et les deux accusés sont alors condamnés le premier à la peine de mort, le second à 8 ans de travaux forcés.

A l'inauguration de la stèle, le Colonel Mazeline dit : "...Il n'y a pas en effet de commune mesure entre les faits dont il est accusé et la peine qui lui fut infligée." , et considéra le jugement comme "une parodie de justice que rien ne pouvait valablement justifier ." Rappelant que les mouvements de la Résistance n'étaient pas encore nés, il précisa : "Cependant l'esprit de la Résistance était en lui.[...]Ils ont voulu, en agissant de la sorte que l'ennemi sache qu'il existait des Français qui n'acceptait pas le joug de sa présence. "





Le 22 septembre 1940, deux envoyés de la Kommandantur se rendaient au domicile de l'abbé Fulgence afin de demander un prêtre pour assister Michel Coupry. Il raconte ses derniers moments:

J'ai trouvé Michel Coupry à la caserne Bonet où on l'avait amené de la prison sans rien lui dire. Il a vite compris, me faisant simplement remarquer : "Mais j'avais signé un recours en grâce, je n'en ai jamais entendu parlé" . L'abbé sut plus tard que l'officier qui avait servi d'avocat à Michel Coupry avait reçu l'assurance d'une grâce par la Cour Martiale et qu'il était parti en permission. Très calme, il a écrit longuement deux lettres pendant lesquelles j'ai observé qu'il s'essuyait quelquefois les yeux. Après s'être confessé et avoir communié, il m'a demandé : "Vous resterez avec moi ? "-"Ils m'ont demandé de t'accompagner jusqu'au bout. "-"Ce n'est pas ici ? "-"Je ne crois pas, ils m'ont parlé d'aller avec toi en voiture. "[...] On l'a conduit à une petite voiture où je suis monté près de lui.[...]

Arrivant au champ de tir, nous avons croisé une section qui s'en allait. La voiture s'est arrêtée à la hauteur des cibles, et on l'a conduit au poteau devant lequel le peloton attendait. Comme un soldat s'approchait avec une ficelle pour lui lier les mains, j'ai cru comprendre à son regard ce qu'il désirait, ce qui m'a fait écarter l'homme qui n'a pas insisté. Un autre suivait avec une grosse corde qu'il lui a passé sous les bras, la croisant derrière le poteau, et l'attachant devant ses jambes. Je ne sais pourquoi, cette fois je lui ai dit : "Laisse faire, il vaut mieux, tu ne tomberas pas..." .Un troisième avançait, portant un bandeau ; cette fois, Michel m'a demandé : "Est-ce qu'il n'y a pas moyen que je voie ? " . J 'ai repoussé l'homme, qui l'a laissé tranquille.[...] Ensuite, aucun commandement à haute voix, rien que des gestes, et la salve. Il est resté debout, ayant à peine tressailli ; toujours droit, le corps seulement un peu penché sur le côté, retenu par la corde. Le médecin est allé prendre le pouls, suivi d'un gradé revolver au poing ; [...] il n'y eut pas de coup de grâce mais une seconde salve.

L'officier à qui j'avais eu affaire depuis la veille est venu vers moi. "Monsieur le Juge me prie de vous dire que la mort du jeune homme a été très digne" . [...] Cet immédiat et premier hommage à la "mort très digne" de ce garçon de 19 ans que l'armée allemande avait considéré comme un ennemi revint souvent à l'esprit de l'abbé.



C'est ainsi que dans l'Orne débuta la résistance dont l'esprit ne devait jamais faiblir.








LES MAQUIS.

Le monument de la Galochère, inauguré en août 1945 à Condé sur Sarthe, a été érigé en l'honneur de 19 maquisards tombés sous les balles des pelotons d'exécutions allemands.
"Au Héros de la Résistance fusillés ici par les Allemands le 22 juin 1944

BADIER Fernand BROSSARD René FRANCOIS Gilbert JAUTEE Marceau le 30 juin 1944 BALONNIER Raymond CLOSET Bernard DESCHAMPS Jean DUCLUZEAU Louis KERAEN Pierre LEPOUTRE Roger LEYGNAT Robert MONNIER Bernard MOREAU Paul MULOT Pierre NOE Georges RICHARD Jean ROSSI Jino SEVESTRE Rémy TRIARD Jean"





Chaque année, une commémoration a lieu. Le Colonel Mazeline y prit souvent la parole.

La plupart étaient de jeunes hommes réfractaires au S.T.O (Service de Travail Obligatoire). et quasi-obligés d'entrer dans la clandestinité. Ils faisaient parti de cette "jeunesse courageuse et fière qui refusait de se plier sous le joug d'un occupant détesté, d'admettre comme définitive la défaite de 1940, d'adopter une attitude de passivité et de résignation. " Ces jeunes indignés franchirent le pas qui les séparaient de la Résistance sans hésitation car "ils étaient fier d'appartenir à la nation de Jeanne d'Arc et de Pasteur, au peuple des Droits de l'Homme et du Citoyen, et d'être les fils des vainqueurs de Verdun. " Ceux-ci, encore, nourrissait un sentiment qui maintenant fait sourire ou provoque l'ironie : le patriotisme.

Le 22 juin, sont fusillés 4 F.T.P.F (Franc Tireur Partisan Français). du maquis de Trun. Dans la région d'Argentan, les francs-tireurs s'employèrent à saboter la gare de triage ferroviaire et les lignes de chemins de fer. En effet, les chefs des maquis de F.T.P. privilégiaient l'action immédiate. Plus tard, l'A.S (Armée Secrète). reconnut que dans les groupements qui se donnaient comme ligne de conduite l'attente du Jour J., les pertes étaient plus grandes et n'étaient pas compensées par des succès remportés sur l'ennemi; d'autre part, les chefs F.T.P. pouvaient se rendre compte de la valeur de leurs hommes en les faisant agir sur le terrain.

Le 30 juin, sont fusillés 12 hommes du maquis de Mortagne-Courseraud pris les 1, 2 et 5 juin et trois partisans F.T.P. du maquis d'Echauffour, faits prisonniers le 10 juin.



Tous ces hommes qui se battaient pour leur liberté et pour rendre à la France sa dignité avaient repris un combat que les Français ne pouvaient continuer sous forme classique. Bien qu'ignorant les camps de concentration, ils se battaient pour une liberté qui leur restait encore, celle du refus et de servir un idéal. Alors que les grandes puissances mondiales voulaient punir la France pour "sa complicité avec les nazis", ces résistants se battaient pour le rachat de leur nation.





LA RESISTANCE ADMINISTATIVE

Dès le début de l'occupation, des fonctionnaires ont manifesté leur esprit de résistance. Ils ont, en de très nombreux cas, rendu d'inestimables services à la Résistance Ornaise. Ils agissaient de l'intérieur en sabotant le travail imposé par l'Occupant et le régime de Vichy.

C'est ainsi que Marcel PALMIER, chef de division à la Préfecture, organisa des planques pour les réfractaires et leur fournit de faux papiers. Il fut arrêté le 16 mars1943 par la Gestapo puis après avoir été transféré à Compiègne il fut déporté au camp de concentration de Hannover-Stocken où il mourut le 19 mars 1945. Une plaque lui a été dédiée à l'intérieur de la Préfecture












Les fonctionnaires de P et T (poste et télécommunication) jouèrent un rôle important mais méconnu en interceptant des lettres adressées à la Kommandantur, en assurant les transports de courriers et d'armes, en détraquant les lignes au service de l'occupant, en fournissant des renseignements à nos alliés.

La plaque, érigée le 7 décembre1947 à l'hôtel des Postes d'Alençon rappelle les déportés et les fusillés de la guerre 1939-45 :



DEPORTES : FUSILLES :

V.. PONS F. CHASSEGUET

H. BROUSSE P. GOUALARD

J. DAGUTS M. CHAMPION

A. RIBOUT M. MARTEL

L. COUPRY J. SCHEIDT

C. AUBRY




La Résistance des Cheminots :



La " Résistance-fer " des employés de la S.N.C.F consistait à saboter les lignes ferroviaires. Leurs actions eurent surtout lieu dans la région d'Argentan. Cette plaque, dédiée aux cheminots, a été inaugurée le 28 juillet 1946 à la gare d'Alençon. La plaque rappelle les noms de ceux qui sont tombés :


Tués par faits de guerre :

ANGER André

BUSSON Marcel

GUIMARD Georges

SIVIENNE Joseph

TISON Henri



Fusillé :

DUVAL Raymond










La résistance et le sport

L'appel de la Résistance a été l'occasion pour beaucoup de jeunes de donner un sens à leur vie en s'engageant dans la lutte contre l'ennemi. Les sportifs ont été les premiers à se révolter contre l'occupation allemande. La résistance leur a imposée un mode de vie et de relations dans lesquels ils devaient à la fois concilier une excellente condition physique, une grande discrétion dans leurs actions et une grande dignité face aux difficultés.

Une stèle située à l'entrée du Stade Jacques Fould à Alençon rappelle la mémoire de douze membres du Club Sportif Alençonnais (C.S.A, créé en 1917). Parmi les douze noms, figurent Paul GOUALARD, de la Résistance P.T.T., fusillé, de Marcel Mezen, catholique, engagé dans le mouvement scout, adhérent au P.S.F., secrétaire départementale de la Jeunesse, resté récalcitrant vis à vis des Allemands, arrêté en 1943, déporté à Buchenwald le 15 mai 1944, décédé le 14 avril 1945. Le premier croyait au sport comme un moyen de loisir populaire, le second y voyait un moyen de rétablir une fraternité, comparable à celle des tranchées. Marcel PALMIER, fils du secrétaire du C.S.A., responsable de la section basket, membre du comité départemental de la section d'athlétisme fait aussi parti de la liste. Le club Alençonnais, durant le second conflit mondial, conserva son indépendance vis à vis de la politique sportive de Vichy.












LA CROIX DE LORRAINE



La paternité de la croix de Lorraine revient au vice-amiral Muselier, alors premier commandant en chef de la Marine française, dont le père était lorrain, et qui souhaitait différencier ses bâtiments de ceux de la Marine de Pétain. " Il faut donner dit-il lors d'une conférence le 1er mai 1941, à notre mouvement l'allure d'une vraie croisade et choisir un emblème que l'on pût opposer à la croix gammée ". De Gaulle adopte le symbole et, dès le 2 juillet 1940, les navires des Forces navales de la France Libre portent à la poupe les couleurs nationales françaises et un pavillon carré bleu orné d'une croix de Lorraine. Elle avait déjà était, après l'annexion de 1871, le symbole de la Résistance lorraine à l'occupant allemand. La symbolique de cette croix serait liée aux croisades médiévales, la double travers trouverait son origine dans la petite planchette portant l'inscription INRI fixée sur le haut de la croix du Christ. La croix de Lorraine symbolise donc à la fois le patriotisme français, la croisade et la résurrection.

La généralisation de ce symbole bien au-delà de la France Libre peut s'expliquer par divers facteurs : le rassemblement progressif de la Résistance autour de De Gaulle, la facilité de son dessin, sa ressemblance avec la croix chrétienne.





Monuments aux morts, place du Général de Gaulle, à Alençon







LES FRERES MAZELINE




(Nous avons eu l'avantage de bénéficier de la présence de Madame Mazeline, épouse de André Mazeline ; ce qui nous a beaucoup aidé pour la recherche de documents sur l'inauguration de la stèle en l'honneur des frères Mazeline et sur leur vie.)

Le 26 avril 1986, à Damigny fut inauguré une stèle en l'honneur des frères Mazeline. La plaque se trouve dans l'enceinte du gymnase. Mme Chanu (maire de Damigny) avait proposé à Madame Mazeline de dédier une plaque en l'honneur de son mari : " J'ai été très reconnaissante à Mme Chanu de vouloir honorer la mémoire de mon mari et de la famille. "J'ai tout de suite pensé à y associer son frère parce qu'ils ont été tellement unis, tellement associés, qu'il fallait que ce soit la stèle des frères Mazeline, André et Jean " nous a-t-elle confiée.





Cette plaque existe pour témoigner que des hommes se sont vaillament battus pour défendre notre liberté face à l'oppression nazie et particulièrement au point de vue local grâce aux résistants et à leurs chefs. Car, il est important qu'une troupe ait un bon chef pour être efficace. André Mazeline a su bien mener la résistance ornaise comme son prédécesseur, Daniel DESMEULLES. Et c'est grâce à des hommes comme eux que la France est aujourd'hui libre, grâce à tous les résistants.

Mais ce que l'on peut admirer chez Jean et André Mazeline, c'est qu'ils ont toujours cru en la victoire, malgré la défaite de 1940, et ont su ranimer autour d'eux la foi dans la destinée de la Patrie.





Les frères Mazeline étaient deux frères liés par un sentiment patriotique hors du commun. André naquit en 1915, fils d'instituteur, il suit la même voie que son père, entre à l'Ecole Normale et devient instituteur à l'Aigle. Il enseigne ensuite à Argentan et à la Ferté-Macé. Son frère Jean naquit en 1920 et fut également instituteur mais à Sées. Tous deux étaient très sportifs : Jean était moniteur d 'éducation physique et André avait remporté un prix départemental de course à pied sur un 400m.



Lorsque la guerre éclate, André choisit les corps francs. Démobilisé, il revient à son village et en 1943 prend la tête d'un groupe de résistants sous le nom de " Marsouin ". Le 1er août, Robert AUBIN, chef départemental de l'O.C.M. (Organisation Civil et Militaire) le nomme responsable de la Résistance dans le canton d'Athis. Le 15 septembre 1943 il devient chef de l'arrondissement d'Argentan. Son frère Jean quant à lui entra dans la Résistance en 1942. Il affrontera l'occupation allemande partout où il lui en sera donné l'occasion (il combattra notamment l'ennemi au côté de Edouard Paysant à Sées). A l'époque, différents mouvements de Résistance se fédère pour former l'Armée Secrète. André participa activement à s formation et son armement. Le 25 mars 1944, Daniel DESMEULLES, chef départemental de l'Armée Secrète le prend comme adjoint. La Résistance ornaise organise une véritable guérilla contre l'occupant. En juin 1944, André participe aux combats du Maquis d'Ecouves, et le 16 juin il remplace Daniel DESMEULLES à la tête des F.F.I (Forces Françaises de l'Intérieur) de l'Orne car celui-ci est arrêté. Il poursuit à ce poste l'unification de la Résistance, regroupant les combattants de l'Armée Secrète et les F.T.P. (Francs-Tireurs Partisans) au Nord de la forêt d'Ecouves. Le 9 août 1944, son frère Jean est fusillé à l'Hôme-Chamandot (dans le Perche) en compagnie de François BOUILHAC, Fernand CHASSEGUET, Albert FREMIOT et Jean MOREAU. Un monument a été inauguré le 9 août 1970 en leur honneur. Le 12 août André rencontre le Général Leclerc et participe avec ses hommes à la libération de la forêt d'Ecouves, il aide ensuite activement à la formation du deuxième bataillon de Marche de Normandie il a alors sous ses ordres environ 900 hommes (il n'avait que 29 ans).

La guerre terminée, André Mazeline reste dans l'armée et sert notamment en Afrique Noire, en Indochine, en Algérie et au Cambodge. En juin 1946 il reçoit la croix de guerre américaine pour "son sens du devoir et sa compréhension de la solidarité des efforts alliés qui a grandement facilité le travail des unités américaines opérant dans son secteur. Ses services, qui reflètent un rare sang-froid ont apporté une très réelle contribution à la mission du service américain. " Démobilisé, il demande sa réintégration dans l'enseignement et termine sa vie active comme professeur d'histoire au Lycée de Falaise.



LA FAMILLE MAZELINE

(André Mazeline, Mme Mazeline, Jean Mazeline, M. Mazeline)









LES STELES ET PLAQUES EN L'HONNEUR

DES DEPORTES




Les personnes déportées pendant la deuxième guerre mondiale vers les camps d'internement ou de concentration étaient considérées comme indésirables pour des raisons idéologiques et (ou) raciales. Ils se divisent en deux groupes : les Juifs-Israélites et les résistants français. Une partie des ces individus peut bien entendu faire partie de ces deux groupes. Les camps de concentration les plus tristement célèbres restent Auschwitz, Drachwentz, Buchenwald, Dachau, Bergen-Belsen ou Ravensbruck. Ces camps créés par les Nazis avaient pour but d'éliminer ces personnes ou tout du moins de les garder prisonnières.



I) Les monuments rappelant la déportation

Monument à la déportation, place du Général de Gaulle, à Alençon.



Les cendres contenues dans l'urne rappellent à tous que de très nombreuses personnes ont vécu dans des conditions atroces dans les camps de concentration, représentés par les barbelés. Le choix du socle venant de Buchenwald n'est pas anodin car de nombreux Ornais ont péri dans ce camp. Ce monument commémoratif est là pour comprendre le vrai sens du grand sacrifice des déportés.

Monument à la déportation, place Bonet, à Alençon.





Le 13 mai 1962, sur l'emplacement de la caserne Bonet, là où de nombreux résistants furent enfermés et torturés avant d'être déportés, un monument à la déportation est inauguré, contenant lui aussi des cendres en provenance de Buchenwald, protégées par des barbelés, qui, comme pour la premier monument, symbolisent les camps.

Etaient présents à cette cérémonie d'inauguration : MM Martin, Lambert, Pelleray, Janvier, Vollet, Domangieux, Rougeyron, Jouanne, Aubin, Docteurs Mutricy et Leboucher, colonel Daumont, abbé Bidaux

La situation de ce monument dans un quartier moderne, lié à la reconstruction, est significative : la Patrie ne meurt pas. M ; Martin, préfet de l'Orne souhaite que les jeunes générations respectent et saluent ce que représente cette stèle.



II) Les personnes arrêtées pour fait de résistance.

Plaque de rue Marcel Mézen



Lycée professionnel Marcel Mézen


Marcel Mézen est né en 1904 et était élève à Notre-Dame. Le 14 avril 1943, lui, qui avait succédé à son père comme architecte, fut arrêté à son domicile bien que sa femme ait réussi pendant la perquisition à subtiliser les documents concernant la Résistance. Il était membre du P.S.F., sous-lieutenant en 1939. Il fut transféré à Orléans puis au bout d'un an à Compiègne déporté à Buchenwald le 15 mai 1944 où il est mort le 14 avril 1945.



Piscine municipale Marcel Hébert


Marcel Hébert, garagiste à la Pyramide et polytechnicien et officier de réserve de l'Armée de l'Air entra dans le réseau de la Confrérie Notre-Dame dirigé par Rémy. Hébert transmit de précieux renseignements aux alliés sur l'école des Chars de Cologne qui avait été transférée à Alençon le 10/1/1943, sur le dépôt de munitions de Ménil-Broût... Deux agents du S.D. vinrent l'arrêter à son garage le 20 janvier 1944 et l'incarcérèrent à la Caserne Bonet. De là il fut transféré à la prison de Fresne puis déporté à Buchenwald d'où par miracle il put revenir en 1945.



Plaque de place Daniel Desmeulles



Né le 24 octobre 1911, Daniel Desmeulles, licencié en droit (1932), et en Lettres, diplômé d'Etudes Supérieurs d'histoire devient instituteur aux lycées de Caen, de La Rochelle et d'Evreux (1935-1936). Démobilisé le 28 juillet 1940, il rentre dans le Résistance en 1941 et succède à Aubin à la tête de l'O.C.M. (Orne) en novembre 1943. Il assure des transports d'armes entra la Sarthe et l'Orne. Il est traqué en 1944 et se réfugie successivement dans de nombreuses villes de l'Orne (Saint-Germain du Corbéis puis l'Aigle, Argentan...). Son P.C. est la Perdrière sur la commune de Francheville. Il anime en compagnie de Panthou, Mazeline et Giroux le maquis de Tanville lors du débarquement allié. Menacé d'encerclement, le maquis se disperse le 12 juin. Il est arrêté chez M. Royer après un malheureux concours de circonstances. Incarcéré au château des Ducs, il est transféré le 9 août à l'Hôme-Chamandot, déporté à Buchenwald, Holzen puis Bergent-Belsen, où il meurt le 12 mai 1945 après la libération du camp. Il est homologué à titre posthume comme commandant au titres des forces françaises de l'intérieur le 15 octobre 1945.



Plaque de cour Jean et Bernadette Mars

Jean-Marie, Bernadette et Edouard Mars furent arrêtés à Alençon le 27 août 1942 pour faits de résistance. Jean-Marie, alors âgé de 16 ans et élève à St François fut déporté vers le camp de Orianenburg où il mourut. Bernadette, âgé de 18 ans et élève à Notre-Dame fut, elle, déportée vers les camps de Ravensbrück où elle décéda le 25 mai 1944.



Stèle et plaque de rue en hommage à Marcel Palmier

(Cf Résistance administrative)



III ) Les personnes déportées pour motifs raciaux.

Plaque de place Edith Bonnem

Edith Bonnem fut arrêtée le 15 juillet 1942, en compagnie de ses frères Berthold et Rudolf et de 9 autres israélites. Elle était alors âgé de 15 ans et était élève à Marguerite de Navarre. Elle fait partie des victimes de la rafle de 1942 qui fit prisonnière une trentaine d'israélites sur Alençon.



Centre social Edith Bonnem

Ce centre du quartier de Villeneuve fut inauguré le 23 juin 1987 par le Président de la République François Mitterand.

On peut également cité les KAHN. Alfred et Rosa, originaires de la Sarre s'étaient rendu à Alençon en 1935 où ils avaient ouvert un fonds de commerce d'antiquité. Lorsque les premières mesures anti-juives furent prises, ils s'enfuirent en direction de la zone libre grâce à l'aide d'un gendarme d'Alençon. Ils se cachèrent ensuite dans la région d'Albi jusqu'à la libération.




Monument départemental à la Résistance, ARGENTAN

Depuis le début de l'occupation, Argentan a été considéré comme le centre de la Résistance de l'Orne, car la ville était située au carrefour de grandes voies ferroviaires et routières. Pour preuve, Robert AUBIN, fondateur de l'O.C.M., est maire de Fontenay-sur-Orne, jusqu'en novembre 1943, après son arrestation. La plaine compte de nombreux résistants et les forêts environnantes cachent des maquis. De bonne heure, un service de renseignements fonctionne, et beaucoup d'Argentanais fournissent des informations.



En avril 1944, le Général ALLARD, chef de subdivision de l'Armée Secrète, supervise les actions de la Résistance départementale. Jusqu'au jour où Argentan reçut des agents de liaison, délégués militaires, responsables de mouvements...pour des réunions secrètes. Parmi celles-ci une devait se passer chez Barrière, chef du troisième bureau à l'E.M. C'est ici que s'élabore un plan de sabotage d'usine. Mais la Gestapo surveillait.

Le 17 mai est un jour noir pour la Résistance. Un coup de filet magistral décapita la Résistance Ornaise. Ce fut une hécatombe. Madame Rycroft et ses deux fils, Albert Barrière, Dugué, M. Vimal du Boucher (qui devait prendre la direction des opérations au débarquement), Hérault, Moreau (de l'E.M. régional), les Docteurs Couinaud et Fillon sont arrêtés.

Les chefs de groupes de Goltstein et Bronne et le Commissaire de police ne durent leur salut qu'au fait de quitter en tout hâte le département. Le Général ALLARD parvint à s'échapper.

Le monument départemental à la Résistance fut inauguré le 29 septembre 1957. Le monument est là pour rappeler tous les fusillés et déportés car dans certaines communes le monument aux morts ne peut pas tous les citer. A Argentan, environ cent cinquante Résistants.

En 1957 il est le monument le plus important lié à la Seconde Guerre Mondiale. Le monument est très élevé et porte une croix de Lorraine Sur la face Nord, le sculpteur Pierre fait apparaître le combat des Résistants, en armes, en opérant à la radio. La face sud est l'œuvre de Godard, ancien élève du Lycée Alain. La sculpture se veut exemplaire de la déportation.. La dernière sculpture réalisée par Pierre, montrant d'un côté, une famille où le père porte un enfant, de l'autre, des paysans, dans un champ de blé avec des armes.












Monument départemental

A la Résistance

Avec en bas les quatre

Sculptures et vers le haut

La croix de Lorraine

Place du Général Leclerc

A Argentan



Lors de son inauguration, la maire, Docteur Couinaud, entré en résistance en 1943, fait un bilan de la Résistance dans l'Orne et en France. Almire Viel, correspondant du Comité d'Histoire de la Seconde Guerre mondiale, donne le chiffre de 2 internés morts, de 199 F.F.I. et otages fusillés, de 384 déportés ornais, dont la plupart sont des résistants, dont 228 ne sont jamais rentrés. 54 Ornais ont de plus, été arrêtés dans un autre département, puis déportés. Mais si les fusillés et les déportés sont cité sur le monument aux morts communal, ils ne sont pas tous inscrits sur un monument, une stèle, ou une plaque spécifique à la Résistance. Le monument départemental d'Argentan permet donc de réparer cet oubli en honorant ainsi 150 résistants.

Lors de cette inauguration, pourquoi sont présentes toutes les tendances politiques ayant une influence sur le département ? Sans doute montrent-elles leur attachement à la Résistance et leur fierté départementale, il s'agit aussi du rassemblement de la génération de la Résistance pour la mémoire des générations à venir.



Monument départemental d'Argentan. Les Martyrs.



Monument départemental d'Argentan. La Résistance au combat.



Monument départemental d'Argentan. La Résistance entraînant les bonnes volontés.



REFLEXIONS SUR NOTRE TRAVAIL




Grâce à cette recherche, nous avons pris conscience de la chance que nous avons de vivre dans un pays libre, chance que nous devons à beaucoup de gens qui ont sacrifié leur jeunesse voire leur vie pour un idéal de liberté, de démocratie.

Nous avons été frappés de voir ce que firent de jeunes gens, à peine plus âgés que nous. Nous leur devons un respect infini pour ce qu'ils ont accompli.

L'érection de monuments et l'apposition de stèles nous ont traduit les dimensions particulières de la seconde guerre mondiale : la souffrance des populations civiles, les actes de barbarie, les persécutions, l'extermination des juifs etc...

Les monuments nous ont semblé particulièrement porteurs de sens : héroïsme individuel et collectif, combat au nom de certaines valeurs (la liberté, les droits de l'homme, le respect, l'égalité etc...) contre d'autres (le racisme, l'arbitraire, l'oppression, etc...). Les monuments dont nous avons choisi de parler ont retenu notre attention pour toutes les raisons énoncées ci-dessus.

Nous nous sommes rendu compte que les leçons morales du conflit furent très rapidement inscrites dans la pierre afin que les générations à venir se souviennent de ce que fut la Résistance et la Déportation. Au cours de ce travail, nous nous sommes appropriés les valeurs qui sont celles de nos grands-parents. Nous sommes fiers aujourd'hui d'avoir découvert ces messages de paix et tous ces actes d'héroïsme qui ont conduit à la liberté. La plupart de ces pays en guerre, il y a un peu plus de cinquante ans, se retrouvent aujourd'hui au sein de la Communauté Européenne et construisent chaque jour un idéal de paix et de bien-être pour tous les citoyens : toutes ces souffrances n'ont peut-être pas été vaines.

Cependant, dès que l'on regarde à peine au-delà des frontières de la C.E.E. (Communauté Economique Européenne), la paix est menacée un peu partout dans le monde. Comment supporter aujourd'hui que certaines libertés soient bafouées, que l'on torture, que l'on extermine ?

C'est peut-être en cherchant une réponse à cette question que l'on donnera un sens à notre vie pour construire un monde meilleur.






Réalisation : les élèves de 3ème du Collège BALZAC

61000 ALENCON







BIBLIOGRAPHIE

Titres utilisés



_ 1944 Lieux de mémoires dans l'Orne (Gérard BOURDIN)



_ Clandestinité (André Mazeline)



_ 2000 ans d'Alençon



_ Journaux de l'époque (L'Orne Combattante : numéros du 4/08/1946 et 14/12/1947)



_ Journaux actuels (Orne Hebdo, numéro du 11/08/1994)



_ Encarta (encyclopédie sur ordinateur) et dictionnaire Larousse



_ Micro Application (encyclopédie sur ordinateur)



_ 1944 Résistance et libération en Normandie (Société Historique et Archéologique de l'Orne)

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