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L'Europe des quinze face à ses extrèmes Droites


Les différents succès électoraux obtenus par le Front National ces dernières années tendent à prouver que l’extrême droite est bien représentée en France. Mais c’est aussi le cas dans d’autres pays européens. Par exemple, dans des cas encore plus récents, en Autriche et en Belgique flamande. Sous quelles formes se présente-t-elle ? Quelles stratégies met-elle en avant ? L’Europe des Quinze a-t-elle les moyens de s’en débarrasser ? Nous tenterons de répondre à ces différentes questions.

I Paysage européen (des grands partis aux petits groupuscules)

II Différentes stratégies

III Obstacles rencontrés, réactions de l’Europe

Sources

— L’extrême droite aujourd’hui, Les Essentiels Milan, JY Camus, 1997

— Le Monde diplomatique, 12/1995

— Le Monde, 14/09/2000

— Le Monde, 10/10/2000

— Le Front National, Les Essentiels Milan, JY Camus

— Le Monde diplomatique, 03/2000

— « Les partis d’extrême droite et l’Europe », d’Arianne Chebel, maître de conférence à l’IEP de Paris

— Courrier international, 12/1998

— Charte des droits fondamentaux de l’Union, 14/10/2000 (sommet de Biarritz)

— Libération, 13/09/2000

I Paysage européen

A Des grands partis

Les partis d’extrême droite ont eu peu d’impact en Europe depuis la seconde guerre mondiale, mais ils forment aujourd’hui des minorités significatives en Belgique, en France, et en Italie.

AUTRICHE : le FPÖ de Jorg Haider a obtenu 27% des voix aux élections législatives de 1999 et est entré en février au gouvernement fédéral. Il a 52 députés fédéraux sur 183 et contrôle aussi la région de Carinthie.

BELGIQUE : Le Vlaams Blok (‘Bloc flamand’) de Philip Dewinter a obtenu 9.9% des voix aux législatives de 1999, et 15.5% en Flandre. Il a 15 députés fédéraux sur 150. Plus récemment, il a obtenu 33% des voix aux municipales à Anvers.

FRANCE : Le Front National (FN) de Jean-Marie Le Pen a fait un score de 14.9% aux législatives de 1997. Il dirige 4 villes, mais n’a aucun député national. Il est affaibli depuis que Bruno Mégret l’a quitté et formé en 98 le Mouvement National Républicain.

ITALIE : Les néo-fascistes du Mouvement social italien (MSI), proches du FN français) ont été marginalisés depuis leur scission en 1995 avec Alliance Nationale. Le parti fasciste et conservateur de Gianfranco Fini a obtenu 15.7% aux législatives de 1996 (91 députés sur 630). Il avait participé au gouvernement de Silvio Berlusconi (1994-95).

B De petits groupuscules

En Italie, les ligues padanistes militent pour l’indépendance du Nord, appelé la Padanie, car c’est la région d’Italie la plus industrialisée, avec de très grandes firmes italiennes, et la plus riche en ressources naturelles.

De plus, ces ligues tiennent un discours xénophobe, ce qui les classe dans l’extrême droite. Toutefois, malgré l’intérêt que ‘pourraient’ porter les habitants du Nord à ces idées, la Ligue du Nord n’obtient ‘que’ 10%, après avoir participé au gouvernement de Silvio Berlusconi, en 1994 et 95, tout comme le parti de M. Fini.

En Allemagne et dans les pays du d’Europe du Sud (Espagne et Grèce), marqués par les stigmates de dictatures passées (Hitler en 1936 en Allemagne, Franco en 1939 en Espagne, ou une junte d’officiers en 1967 en Grèce), les partis d’extrême droite n’obtiennent pas les succès électoraux de leurs semblables européens. En effet leurs scores ne dépassent pas 1% en Europe du Sud et 5% en Allemagne. Cela résulte-t-il des mauvais souvenirs des régimes autoritaires (fascistes ou autres) qui subsistent encore dans la mémoire des électeurs, et qui les empêcheraient de voter pour un quelconque parti qui tient un discours pour le moins violent ?

II Différentes stratégies

A S’allier avec d’autres partis

a.En Autriche

Le 3 octobre 1999, des élections législatives ont lieu en Autriche. Le parti de Jorg Haider, le FPÖ, obtient 27% des voix. Afin de parvenir au pouvoir, Haider s’allie au parti conservateur (de droite) de W. Schüssel. Des ministres d’extrême droite sont nommés au gouvernement. Le FPO a atteint son objectif en appliquant une stratégie déjà utilisée au niveau local (voire national) dans d’autres pays, même si aujourd’hui, son pouvoir est assez limité.



b.En Belgique

Le 8 octobre 2000, le Vlaams Blok obtient 33% des voix aux élections municipales à Anvers (ville flamande). Même si le premier ministre belge est optimiste quant à une éventuelle coalition, il est possible que ce parti d’extrême droite s’allie avec la droite dite classique pour parvenir au pouvoir.

c.En France

Officiellement, la droite (et le FN) refuse l’alliance avec le FN. Mais, localement, des accords ont eu lieu. Notamment en 1998 à Lyon où Charles Millon s’est allié avec le FN pour obtenir la présidence de la région Rhône-Alpes. Mais alliance n’a pas fonctionné et Charles Millon a quitté le RPR.

B Miser sur le vote de contestation.

« En Belgique, en Wallonie comme en Flandre, les socialistes et la démocratie-chrétienne souffrent de l’usure du pouvoir et des scandales. La droite libérale n’a pas su exploiter cette situation, au contraire de l’extrême droite. »

Toutefois et bien au contraire, selon les cas, l’appât du pouvoir étant toujours le plus fort et décidant de la stratégie à adopter. Il arrive fréquemment que la stratégie des partis d’extrême droite soit clairement de miser sur ce que l’on appelle le ‘vote de protestation’. Certains électeurs votent en effet ‘faute de mieux’ pour les partis extrêmes (droite ou gauche), pour montrer aux partis politiques qu’ils ne veulent pas d’eux, qu’il les rejettent. Les partis d’extrême droite espèrent obtenir en cela les votes de ceux qui, autrement, se seraient abstenus, et qui sont assez nombreux à notre époque, en France notamment. Ainsi, actuellement en France par exemple, le Front National prépare des affiches portant le slogan ‘Tous pourris’, après les affaires mettant en cause certains hommes politiques à la rentrée. Il mise ainsi sur le rejet de la classe politique dans son ensemble, pour obtenir plus de voix.

La même stratégie est, ou a été utilisée en Belgique et en Autriche.

III Obstacles, réactions de l’Europe

A Les pays, seuls face à leurs extrêmes droites

Les pays européens diffèrent de l’Union en ce sens qu’ils réagissent contre l’extrême droite avec des moyens différents : par exemple, les députés belges se sont prononcés en 1998 sur une proposition de loi visant à priver de dotations publiques les partis xénophobes (en particulier le Vlaams Blok déjà cité).

En Allemagne, il est envisagé d’interdire purement et simplement un parti d’extrême droite : le NPD.



B Le cas de l’Autriche

Après l’accès au pouvoir autrichien du parti de Jorg Haider (FPÖ), l’Europe des 14 a voulu sanctionner l’Autriche et son gouvernement (7 février 2000). Cependant ces sanctions étaient bien symboliques, car elles n’ont pas empêché le FPÖ de gouverner avec la droite conservatrice (la plupart des Autrichiens ne savaient pas en quoi consistaient ces sanctions). Au contraire, Jorg Haider a réuni autour de lui les avis de nombreux Autrichiens, en condamnant l’attitude de l’Union. Les Européens ont donc dû, en septembre 2000, lever les sanctions car l’Autriche menaçait d’organiser un référendum pour quitter l’Union. C’est ainsi que les 14 (et surtout la France qui avait milité pour les sanctions) n’ont pu éviter ‘l’air ridicule’.

C Une charte


Les dirigeants de l’Union européenne ont rédigé, après le cinglant revers des sanctions autrichiennes, une charte sur les valeurs communes à l’Union, valeurs indispensables pour être digne de faire partie de l’Union. Mais, cette charte n’a pas beaucoup de poids face à une éventuelle montée de l’extrême droite dans un pays. Il n’est d’ailleurs pas mentionné de sanctions prévues.

D En guise de conclusion : les pouvoirs européens face aux extrêmes droites.
Malgré certains moyens d’opposition à la montée des différents partis fascistes, xénophobes, d’extrême droite, l’Europe n’a pas d’influence forte sur ceux-ci. Elle se contente de condamner les partis d’extrême droite ou de leur infliger des sanctions sans réelles conséquences. Elle donc en position de faiblesse, comme elle l’a très bien montré, bien involontairement, lors de l’affaire autrichienne. Dans l’état actuel des choses, et en attendant une éventuelle réforme (envisagée) des institutions européennes, l’Europe des Quinze n’a aucun pouvoir réel pour empêcher l’arrivée au pouvoir d’un parti d’extrême droite.

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