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Le premier Homme
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Albert Camus - Le premier Homme


Le premier Homme
1 Pendant des semaines, l'été et ses sujets se traînaient ainsi sous le ciel lourd, moite et torride, jusqu'à ce fut oublié jusqu'au souvenir des fraicheurs et des eaux de l'hiver, comme si le monde n'avait jamais connu le vent, ni la neige ni les eaux légères, et que depuis la création jusqu'à ce jour de septembre il n'ait été que cet énorme minéral sec creusé de galeries surchauffées, où s'activaient lentement, un peu hagards, le regard fixe, des êtres couverts de poussière et de sueur . Et puis, d'un coup, le ciel contracté sur lui même jusqu'à l'extrême tension s'ouvrait en deux. La première pluie de septembre, violente, généreuse, inondait la ville. Toutes les rues du quartier se mettaient à luire, en même temps que les feuilles vernissées des ficus, les fils électriques et les rails de tramway. Par dessus les collines qui dominaient la ville, une odeur de terre mouillée venait des champs plus lointains, apporté aux prisonniers de l'été un message d'espace et de liberté. Alors les enfants se jetaient dans la rue, couraient sous la pluie dans leurs vêtements légers et pataugeaient avec bonheur dans les gros ruisseaux bouillonnants de la rue, plantés en rond dans les grosses flaques, se tenant aux épaules, le visage plein de cris et de rires, reversés vers la pluie incessante, foulaient en cadence la nouvelle vendange pour en faire jaillir une eau sale plus grisante que le vin.
Commentaire Composé

Introduction
1) aspect autobiographiquede l'oeuvre, rappel de Noces (écrit en 1936) ou importance du climat, des sensations dans les souvenirs d'enfance (Proust, Colette)

2) présentation du texte : Le Premmier Homme a été écrit de 1953 à 1960, est resté inachevé ; édité en 1994 par la fille d'Albert Camus. Ce passage qui rappelle l'été à Alger correspond au moment de basculement où la chaleur de l'été cède la place aux pluies automnales.

3) L'énoncé des circonstances particulières permet de mettre en lumière les transformations apportées à la ville par la pluie. Loin du simple réalisme, le souvenir offre une transformation de la situation en une véritable palingénésie, mêlant mythe et épopée.


I Les circonstances
1) lieux, chaleur, conséquences sur les individus, sur leurs activités ; personnofication de l'été souverain. (longueur de la 1° phrase, trois occurences de "jusqu'a ce que" formule restrictive, oxymore de "s'activaient lentement".

2) une situation extrême, quasi perte du souvenir de la fraicheur hivernale (cf oppositions systématiques de la première phrase : chaleur/froid ; minéral/eau ; lourd/légère...)

3) mise en relief d'un instant précis et effet de dramatisation de la pluie ( avant, soudain, après) ; oppositions temporelles .Marques phonétiques :"première pluie de septembre"


II Les transformations apportées par la pluie
1) sensations : lumières, odeurs, couleurs, goût et toucher : recomposition du paysage (éveil du monde marqué par les /f/)

2) intrusion de la vie champêtre, venues des odeurs des collines avoisinantes.

3) renaissance de la vie et du mouvement (groupes ternaires des verbes de la dernière phrase), liberté après l'assujettissement.


III La reconstruction du souvenir
1) le choc de deux mondes : une palingénésie titanesque : images et hyperboles, situation extreme de la fin de l'été, de la fixité au bouillonnement; réminiscence de la création, du déluge, et même de l'apocalypse puisque "le ciel [...] s'ouvrait en deux".
Mélange biblique et mythologique : une évocation de l'enfer et des bacchanales . Jeu des sonorités, [s] de la chaleur ( 1° phrase) et [r] des rires ( dernière phrase).

2) désir de fraicheur et chant de la pluie évoqués en deux groupes ternaires, jeu d'écho des désirs et des souvenirs ; lumignons accrochés par les gouttes de pluie ; joie des enfants évoqués en des termes simples : "gros ruisseaux", "grosses flaques".

3) la griserie d'une fête : liberté symbolisée par l'enfance, les rires, les danses ; l'eau se transforme en vin, mêlant les fêes païennes et rites religieux.


Conclusion
1) de la réalité d'une attente à sa transformation par la mémoire (reprise des trois éléments du développement).

2) Camus semble retrouver les images pleines de paix et d'accord avec la nature qui avaient fait la beauté de son premier recueil d'essais Noces. Loin de toute révolte, même si l'absurde de la condition humaine s'esquisse dans la présence d'hommes très proches de la tâche infernale de Sisyphe, ce qui reste de cette page est un chant très proche de la poésie, une musique à la gloire d'un monde toujours renouvelé.

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