Passage étudié : incipit
François Mauriac : XXème siècle
I Comparaison avec un début de roman classique
- L'incipit nous informe sur le décor : "porte", couloir", "platane"
* Elements banals
* Cadre judiciaire mais pas explicité
- Mais aussi sur l'époque : "brume", "marche mouillée"
* Pas de date précise : automne/hiver
* Temporalité floue
- Et aussi sur l'héroîne : "Thérèse Desqueyroux", "elle sentit"
* Identité judiciaire
* Action mystèrieuse
- Et sur les actions
* "ouvrit une porte" : 1ère action = banale
Début flou et mystérieux, différent du rôle informatif classique d'un incipit. Créé un effet d'attente.
II Qui est Thérèse Desqueyroux ?
- "Non lieu", "plus de surprises", "les carottes sont cuites" : Thérèse est impliquée dans un crime.
Le texte débute après les évènements.
- "Après la déposition de mon gendre, c'était couru" : Thérèse est protégée par son mari. Mépris père/fille
- "il ne comptait jamais les gouttes" : mari = victime + défenseur : paradoxe qui renforce le côté flou.
- "Il n'y a pas eu de victime" : 1ère intervention de Thérèse, qui se sent offensée.
Le dialogue ne fait pas intervenir Thérèse ; les circonstances du crime restent floues : le dialogue fonctionne sur l'implicite.
III Portrait physique
Il apparait tout à la fin.
- Les hommes regardent Thérèse : "les deux hommes observaient".
- La focalisation est double : regard social.
-"jeune femme", "immobile, serrée dans son manteau", "blême visage qui n'exprimait rien" : héroïne classique, passive, maladive, tristesse. Sentiments intériorisés : fermée aux autres.
- Le portrait intervient assez tard dans l'incipit et demeure assez frustrant pour le lecteur qui dispose de peu d'informations.
Conclusion
Début volontairement déceptif, qui présente implicitement l'héroïne et les grands thèmes à venir : femme coupable, isolée dans un univers glacial et mécanique. En fait, l'impression de mystère sera justifiée par l'oeuvre, constituée essentiellement de longs retours en arrière.