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Utopie
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Rousseau : Devoir de synthèse sur l'utopie


Dans ces textes, extraits de la Lettre à d'Alembert, de La Nouvelle Héloïse et de L'Emile, composés quasiment en même temps de 1758 à 1762, on retrouve, malgré la diversité des genres, l'utilisation constante de mondes imaginaires, mythiques et utopiques. Rousseau cherche-t-il à proposer réellement un modèle de société idéale, but avoué des utopistes, ou construit-il, par compensation, un asile, un refuge imaginaires ?

1. Sociétés mythiques ou utopiques ?
1.1 Caractéristiques générales et communes des mondes mythiques et utopiques :

- Impression d'ensemble = bonheur atteint, vie naturelle ...
- Uchronie = c'est-à-dire temps suspendu ou retrouvé dans l'Elysée, arrêté chez les Montagnons (?), provisoire, transitoire dans l'éducation d'Emile.
- Une constante : l'isolement par rapport à la société réelle, extérieure : asile, monde clos, société choisie
- l'isolement est même renforcé par deux "sanctuaires" l'un temporel, l'hiver, qui restaure l'unité de la cellule, du clan dans le chaud foyer. le second géographique, l'île artificielle de l'Elysée, accessible aux seuls initiés, lieu de régénération, jalousement gardé.

1.2 Survivance ou création artificielle ?
1.2.1. L'univers des Montagnons est une survivance
d'un âge d'or :
cette société, qui paradoxalement semble réelle puisqu'il s'agit d'un lieu visité par Rousseau dans sa jeunesse, semble s'être arrêtée dans son évolution, s'être fixée dans un équilibre assurant le bonheur des individus et de la société. Il n'existe pas d'organisation, de lois dans cette société qui semble avoir survécu dans un lieu privilégié. Contrairement à la société commencée, la propriété existe, sans créer encore d'inégalité (?), car la division du travail ne s'est pas encore instaurée. Il existe pourtant un signe d'évolution ultérieure : la production artisanale, naturelle et ludique des Montagnons commence à trouver des "débouchés" dans la capitale.

1.2.2. Les extraits de La Nouvelle Héloïse nous présentent un monde, certes situé aux alentours du lac Léman, mais romanesque, construit par l'imagination de Rousseau, par ses personnages.

A Clarens règne une volonté ordonnatrice, celle de despotes éclairés que sont Mr de Wolmar et surtout l'égérie de cette société, Julie. Tout est calculé, prévu, pour assurer une harmonie sociale entre maîtres et serviteurs. Point de saturnales antiques, d'inversion des rôles, mais une volonté d'effacer les distances dans un effort réciproque des maîtres et des serviteurs.

1.2.3 Dans l'Emile, Rousseau utilise un monde imaginaire mais désert
L'île célèbre de Robinson, du seul roman qui trouve grâce à ses yeux, car il replace son lecteur dans un état proche de celui de nature, où le héros doit repartir à zéro après un cataclysme, où le citoyen de York doit oublier sa situation antérieure, faire ses acquis expérimentaux. Ainsi, le jeune élève, grâce au processus de l'identification, aura eu une vision de ce qu'est la vie proche de la nature. Il se sera formé au contact de la nature, y aura puisé la force d'âme nécessaire à sa vie sociale future.


2. Utilisations du mythe et de l'utopie

Elle est tantôt évidente, tantôt plus implicite

2.1. Utilisation clairement déclarée : utilisation pédagogique
Le monde de Robinson est un "objet intéressant pour tout âge, et qu'on a mille moyens de rendre agréable
aux enfants". Une phrase est encore plus révélatrice :" Voilà comment nous réalisons l'île déserte qui me
servait d'abord de comparaison."

2.2. Description très superficielle de l'univers des Montagnons.
Ce lieu n'est-il pas magnifié, mythifié par la nostalgie, la mémoire quelque peu défaillante ou l'insouciance de la jeunesse ? Prétextes pour ne pas vraiment aborder la délicate question de l'organisation sociale ; le mythe sombre alors dans des généralités. La montagne devient "ce spectacle assez agréable et peut-être unique sur la terre" (cf Voltaire et L'Eldorado)
Il ne s'agit en fait que d'une illustration, d'une image d'Epinal dans une argumentation plus générale, d'un monde à l'envers, qui sert de comparaison pour mesurer l'état de la société du XVIII°.

2.3. Clarens, tentative réformiste ou création compensatoire d'un univers heureux ?
- Certes, il s'agit d'un tableau local et ponctuel d'une allégresse que l'on voudrait universaliser, éterniser. Serait-ce un modèle ?
- On peut toutefois remarquer que la nature utopique du lieu est "contaminée" par des touches mythiques : brumes comparées à un voile de théâtre, activité mythique des vendanges, père Lyée, etc...
- En fait un sentiment d'égalité remplace l'égalité naturelle, primitive difficilement concevable voire impossible, des Montagnons.
- Clarens n'instaure pas le règne de l'égalité. Le principe d'autorité n'est pas remis en cause. Il n'est question que d'une plus grande familiarité, restituant momentanément, festivement, l'ordre naturel.
- Il suffit donc que l'égalité se réalise dans un état d'âme collectif. Sans doute, ce sentiment est-il
nécessaire au bonheur des ordonnateurs. Moyen terme illusoire, qui donne naissance à une société qui peut
paraître paternaliste.
L'existence même de l'Elysée, lieu artificiel de pureté, ne révèle-t-elle pas les limites de ce monde utopique. Rousseau trouve là des lieux, des êtres, une vie imaginaire, proche la nature.

3. Le bonheur grâce à la nature : véritable leçon de ces textes
3.1. Proximité nécessaire , indispensable, recherchée (cf Saint-Preux)

3.2. Les caractéristiques de cette nature.
- Elle est transformée par l'homme mais le travail ne doit pas la défigurer
- Ou bien cette transformation doit lui restituer un aspect de virginité, artificiellement paradisiaque, qui instaure un équilibre entre nature sauvage, variée et nature domestiquée, sécurisante et confortable.
Nature tout à fait utopique ! Véritable simulacre mais qui respecte le code de la Nature.

3.3. Le retour aux sources : solitude et communion
Il est surtout présent dans la description de l'Elysée et dans l'épreuve pédagogique vécue par Robinson et
Emile.Saint-Preux se sent retourner à l'état de nature, il se sent "le premier mortel qui eût jamais pénétré dans
ce désert".

3.4. Nature dispensatrice éternelle (à compléter)
- de bonheur (Elysée)
- de leçon (Emile)
- de talents, de génie (Montagnons)

Conclusion
En fait ces textes présentent au lecteur des équilibres chers au coeur de Rousseau.
- équilibre entre vie sociale et solitude qu'il a difficilement vécu
- équilibre entre inégalité sociale et état d'âme collectif, unanime, sentiment d'égalité
- équilibre entre existence de la propriété et indépendance, liberté
- équilibre savant entre nature et activité de l'homme comme dans le jardin de l'Elysée
- enfin équilibre entre l'homme naturel, le jeune Emile, et l'homme social, le futur Emile.

Le monde imaginaire de ces univers mythiques ou utopiques corrige, aménage en quelque sorte le réel.

Confessions (avril 1756) : L'impossibilité d'atteindre aux êtres réels me jeta dans le pays des chimères, et ne voyant rien d'existant qui fût digne de mon délire, je le nourris dans un monde idéal que mon imagination créatrice eut bientôt peuplé d'êtres selon mon coeur.

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