La Bête Humaine
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de "jacques vit d'abord la gueule..." Ã "...affreuse crise qu'il venait de traverser"
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· La Bête Humaine est un roman naturaliste de Zola, dans lequel il décrit le monde des trains et la vie de ceux qui y appartiennent . Juste avant ce passage, Jacques a failli tuer Flore, mais il a pris la fuite et se retrouve perdu dans la campagne ; il est à côté d'un tunnel et est témoin de l'arrivée du train et du meurtre .
· C'est un passage essentiel dans le déroulement du roman, car le meutre conditionne plusieurs parties de l'histoire .
· 3 axes :
I- L'arrivée du train
II- Le meurtre
III - L'analyse
I- L'arrivée du train
1- thème de la lumière et du feu
· champ lexical : "s'éclairer" ; "four" ; "s'embrasent" ; "éblouissement" .... => jusqu'à "coup de foudre"
· cette vision de feu et de lumière transcende l'univers traversé par le train, et donc l'univers où se trouve Jacques : cela va influer sur ses impressions .
· le feu et la lumière donne l'impression que la scène est éclairée par un projecteur : l'action est essentielle dans le déroulement du récit : Zola la met en valeur .
2- le train arrive
· lumière, bruit et rapidité transforme l'objet matériel : on a un impression de vertige, qui fait douter de ce que l'on voit : "tel un vertige de vitesse" ; "l'oeil doutait" . Zola donne une image floue, incertaine du train .
· le train symbolise le progrès : la lumière montre un futur lumineux, mais le feu est inquiétant = incertitude quant à l'avenir, et la vitesse montre qu'on se précipite dans le progrès .
· Zola donne une image trés forte du train : il est personnifié en un personnage mythique, surréaliste : "bouche" ; "oeil rond" => personnage de feu ("incendie")
· on voit la scène à travers les yeux de Jacques : comme il est troublé et doute de ce qu'il voit, le lecteur lui aussi perçoit une image floue .
· La force de cette arrivée est accentuée par la deuxième phrase qui va en s'amplifiant .
II- Le meurtre
1-la rapidité
· l'intensité et la rapidité du meurtre sont très marquées : tout le meurtre est décrit en une seule phrase .
· cette description est constituée de propositions trés courtes et juxtaposées : accentue encore l'intensité de ce que voit Jacques . La méthode naturaliste, cad une grande précision et un extrême objectivité, renforce encore cette intensité
· paradoxe : tout en étant trés intense, la scène reste floue .
2- Deux hypothèses
· les propositions très courtes constituant la phrase sont toutes juxtaposées : en une saule phrase on acquiert un maximum d'informations sur ce qui se passe : positions et même expressions des personnages ...
· malgré l'intensité de la description, Zola formule deux hypothèses, mais ne donne aucun moyen au lecteur de savoir exactement laquelle des deux est la bonne : "peut-être une troisième personne, peut-être un écroulement de bagages"
III- L'analyse
1- l'analyse de Jacques n'est pas fiable
· Jacques est troublé par l'incident avec Flore, et son propre penchant pour le meurtre fait qu'il n'est pas objectif : il n'est pas apte à analyser clairement ce qu'il voit, d'autant plus que la scène reste floue .
· cette incapacité à analyser ce qu'il voit et la rapidité de la scène vont accentuer son doute : il va finir par croire qu'il a imaginé toute la scène .
2- Analyse du lecteur
· le lecteur connaît les évènements entre Roubaud, Séverine et Grandmorin : bien que la scène reste floue, il devine qu'il sagit du meurtre de Grandmorin ; en revanche, il ne peut pas encore savoir si Séverine y participe ou si c'est "un ecroulement de bagages" .
· champ lexical de l'analyse et du doute montre que, à travers Jacques, le lecteur a des doutes sur certains points : "hésitait" ; "devait être" ; "affirmer" ; "il avait cru" ;....
CONCLUSION
Cet extrait réunit les trois composantes essentielles du roman : les trains, la mort et la violence, et l'incapacité de Jacques à avoir un comportement normal . En associant ces trois composants, et en présentant l'évènement qui va tout bouleverser, ce passage démarre réellement la Bête Humaine .