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Pierre de Ronsard - La Franciade IV


1 Ce jour, Martel aura tant de courage
Qu'apparaissant en hauteur davantage
Que de coutume, on dira qu'un grand dieu,
Vêtant son corps, aura choisi son lieu.
5 Lui tout horrible en armes flamboyantes,
Mêlant le fifre aux trompettes bruyantes,
Et de tambours rompant le ciel voisin,
Eveillera le peuple sarrasin
Qui l'air d'autour emplira de hurlées
10 Ainsi qu'on voit les torrents aux vallées
Du haut des monts descendre d'un grand bruit :
En écumant la ravine se suit
À gros bouillons et, maîtrisant la plaine,
Gâte des bœufs et des bouviers la peine;
15 Ainsi courra, de la fureur guidé,
Avec grand bruit ce peuple débordé.
Mais tout ainsi qu'alors qu'une tempête
D'un grand rocher vient arracher la tête,
Puis, la poussant et lui pressant le pas,
20 La fait rouler du haut jusques à bas :
Tour dessus tour, bond dessus bond se roule
Ce gros morceau qui rompt, fracasse et foule
Les bois tronqués, et d'un bruit violent
Sans résistance à bas se va boulant;
25 Mais, quand sa chute en tournant est roulée
Jusqu'au profond de la creuse vallée,
S'arrête coi : bondissant il ne peut
Courir plus outre, et d'autant plus qu'il veut
Rompre le bord, et plus il se courrouce,
30 Plus le rempart, le pousse et le repousse;
Ainsi leur camp en bandes divisé,
Ayant trouvé le peuple baptisé,
Bien qu'acharné de meurtre et de tu'rie
Sera contraint d'arrêter sa furie...
Introduction :

Ronsard s'est inspiré de l'épopée de Virgile, l'Enéïde, épopée qui raconte l'histoire de la fondation de Rome. Les poètes de la Renaissance ont été très influencés par la littérature antique, qui leur a servi de modèle.

Comme l'Odyssée ou l'Iliade, la Franciade devait comporter 24 chants. Mais la Franciade sera inachevée et sera publiée en 1572. Il adapte ici une légende médiévale, qui fait d'un Troyen, Charles martel, un Francien

Une magicienne lui prédit l'histoire future de son peuple , et de la Bataille de Poitiers (732), qui est un des épisodes fondateurs de cette histoire.

L'arrivée de Charles Martel entraîne une scène grandiose, où l'on voit les Sarrasins se lancer dans un assaut furieux. Celui-ci est figuré à l'aide d'une double comparaison : une comparaison avec la ravine, ensuite avec le rocher dévalant une pente. A partir du v.25, le rocher subit un coup d'arrêt.


Objectif de lecture :
Montrer comment Ronsard a su à partir d'une action somme toute assez limitée, utiliser des comparaisons pour amplifier le mouvement de l'ennemi. Il en donne aussi une vision épique très impressionnante. On étudiera en premier lieu, l'apparition extraordinaire de Charles Martel, ensuite les mouvements exceptionnels de la nature dans les comparaisons, puis le coup d'arrêt, infligé aux Sarrasins.




Développement :


I - L'apparition extraordinaire de Charles Martel

- Charles Martel est comparé à un "grand Dieu"(v.3). C'est une divinisation du personnage donc rayonnement divin.

- Le terme "hauteur davantage" (v.2) donne une idée de grandeur au sens moral.

- De plus une armure entoure son corps, ce qui donne une impression d'invulnérabilité.

Il est équipé "d'armes flamboyantes"(v.6) ce qui renforce l'idée d'invulnérabilité.

Il sème l'épouvante :

*Il joue de la musique pour avertir sa présence (v.6-8)

*Il fait une entrée théâtrale, ce qui entraîne un effet de gigantisme

*On a l'impression que Charles Martel représente l'armée à lui tout seul, ce qui entraîne son apparition encore plus spectaculaire, ce qui renvoie encore une fois à l'idée de Dieu et de merveilleux.


Les Sarrasins courent en hurlant vers l'armée de Charles Martel, ce qui retranscrit une peur intense (v.9; "emplira de hurlées"), ce qui entraîne aussi une impression de désorganisation du côté des Sarrasins, alors que l'armée de Charlemagne "maîtrisant la plaine" (v.13) est comme un rempart (v.30)

Même la musique a une force (v.7; "rompant le ciel voisin")


L'armée des Francs et en priorité Charlemagne sont mis en valeur dans toutes les phrases du début



II - Les mouvements exceptionnels de la nature dans les comparaisons

Les comparaisons sont introduites par l'adverbe "ainsi"

La description des Sarrasins est dévalorisante

L'apparition de Charlemagne entraîne l'assaut des Sarrasins qui sont associés à des éléments de la Nature

On peut observer que le chois des termes des 2 comparaisons sont identiques ainsi que la disposition. Cela est fait afin de faciliter la lecture. Ces répétitions et cette construction vigoureuse est là pour faciliter le lecteur à s'y retrouver. Elle donne repère pour la lecture (ex v.11 et v.20; utilisation des 2 points)

On remarque une très faible présence de complément circonstanciel qui traduit une action très animée.

On peut remarquer le côté grandiose et impressionnant pour une description et pour les éléments déchaînés de la nature.

La 2ème comparaison est plus importante - Sur le nombre de vers
- Sur le nombre d'étapes
- Insistance sur la destruction


Malgré l'ampleur de sa chute, le rocher est arrêté par le rempart de l'armée des Francs, on peut remarquer que la description de cet arrêt est aussi épique



III - Le coup d'arrêt infligé aux Sarrasins

Pause très forte à la césure v.27. En général, le décasyllabe est censuré en 4//6. C'est la cas du v.27,28,29. La pause (qui se trouve après la 4ème syllabe) est accentuée par la ponctuation (et virgules). Ces fortes pauses reflètent évidemment l'arrêt brutal du rocher

Personnification du rocher "il veut", "il se courrouce". Le rocher paraît animé d'une volonté. Malgré l'arrêt de sa course, il continue à exercer sa force.

Les assonances en [ou] et les allitération en [R] et [P] dans les vers 28 à 30 sont fort nombreuses. Elles traduisent l'intensité et l'uniformité de l'action.

La poussée du rocher provoque parallèlement une résistance encore plus forte : le redoublement de l'action v.30 avec "pousse et repousse" le montre. Le parallélisme des deux actions est souligné par la répétition de l'adverbe "plus". La force démesurée du rocher affronte un force encore plus démesurée.


Conclusion :
Ronsard a ainsi utilisé les procédés d'écriture de la tonalité épique. Il fait de Charles Martel un 1/2 dieu grâce à des termes amplificateurs. Les 2 comparaisons accentuent davantage le côté visuel et sonore du poème. Elles se caractérisaient surtout dans les répétitions de termes et de sonorités. Le mouvement du rocher de cette manière acquiert une dimension exceptionnelle. Ces comparaisons très amples permettent au poète de déployer toute son imagination

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