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Le papa de Simon
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Maupassant - Le papa de Simon (extrait)


Le papa de Simon
1 De "midi finissait de sonner" à "Un murmure d'approbation courut parmi les garnements comme si ce fait d'avoir son père mort au cimetière eut grandi leur camarade pour écraser cet autre qui n'en avait point du tout."
Plan : Introduction
I une narration vivante
II les autres, le groupe
III Simon
IV le regard de Maupassant.

Maupassant,écrivain naturaliste de référence, vécut son enfance en Normandie, seul avec son frère, sa mère et Gustave Flaubert, ami d'enfance de cette dernière. En effet, suite à de violentes disputes entre ses parents, le père quitta à jamais la maison. Le fameux auteur réaliste, prenant finalement la place du chef de famillle, s'initia alors à sa vocation. L'enfant qui bénéficiera, grâce aussi à sa rencontre quelques années plus tard avec Zola, d'un double héritage littéraire. Mais Maupassant refusa la parti pris d'analyse que prônait Zola ; il se voulait original, comme il l'écrivit dans sa préface de "Pierre et Jean". Ainsi dans la nouvelle "Le papa de Simon", il dépeint la méchanceté des enfants pour finalement écrire une parabole de la cruauté humaine. Nous étudierons donc cet extrait en commençant par décire la narration vivante, puis le groupe, suivi de l'individu isolé pour finir sur l' avis de l' auteur.

Nous avons affaire à un récit vivant, se déroulant à la campagne. La couleur locale est rapidemment affichée par un vocabulaire ordinaire à l' époque de Maupassant tels aue "galopier" ou "garnement" et par un décor ordinaire: celui d' une école remplie d'enfants, et cette même couleur locale permet, par son côté pittoresque, une description concrète de la vie champêtre, comme celle de l'influence des ragôts dans ces régions.
L'auteur cherche à donner vie a son récit par toute une série de figures de rhétorique propre aux naturalistes ; tout d'abord, le texte possède comme temps dominant le passé simple, introduisant la présence d'actions et d'événements spéciaux, dont le premier est marqué par la conjonction de coordination d'opposition "mais".Cependant, d'autres temps comme l'imparfait afin de faire des descriptions ou le plus que parfait afin de faire des retours en arrière sont aussi employés.
ex : "Tous avaient entendu parler"
Quant au rythme ternaire de 1°§, il marque une cassure rythmique avec la suite du texte d'où se dégagent certain mouvement (cf : circulaire Simon).
De plus, au bout de quelques temps, apparait un dialogue concis, mettant en valeur la violence du déséspoir de l'enfant isolé, valoristion d'autant plus amplifiée du fait des contrastes, comme l' âge de "gars" : 15 ans et du petit de 8 ans. La présence de connecteurs logiques accentuent les va-et-vient entre le groupe et le gamin. Ex : "Quand"
Enfin, le narrateur omniscient (connait les pensées des commères) ne dépeint pas seulement les réactions des personnages, mais les justifie aussi. De ce fait, il glisse de temps à autre dans la peau des personnages apportant alors une focalistion zéro au texte, jeu assez caractéristique du réalisme et du naturalisme. Par certains procédés, l' écrivain met donc en relief la scène, et fait désirer au lecteur la suite. On évolue alors d'une simple narration a un récit de plus en plus contrasté pour finir sur une sorte de scène théatrale du fait de l' évolution du dialogue et de la scène vers un ton dramatique.

Dès le début du texte, le groupe opposé a Simon est mentionné au pluriel "ils" "tous", et ce, constamment par des noms ou pronoms pluriel. Ainsi, ils sont nombreux, donc plus forts, tandis que Simon, seul, est faible.Un véritable contraste est alors présent entre le petit garçon âgé de 8 ans et le groupe avec à sa tête un adolescent de 14 ans. Seul un gamin ressemble à Simon, lui aussi sans père, mais lâchement, il préfère se ranger du côté le plus puissant. Cependant, dès le commencement, Maupassant critique les adultes au travers des enfants, en qualifiant leur attitude vis-à-vis de Blanchotte d'hypocrite.Ainsi, le grand enfant imite les parents, et les gamins, l'ado. Le comportement des enfants n' est donc pas spontané, mais a été préparé par celui des parents. En somme, la méchanceté des enfants est donc la réplique de celle du monde des adultes,caractérisé lui-aussi,de noms et pronoms pluriel.
Dans le paragraphe suivant, l' attitude du groupe est expliqué par la conjonction de coordination "car" dans des phrases abondant de négation, montrant le refus constant des "galopins" réagissant comme une meute, encercle la proie avec à sa tête un chef derrière lequel les mâles s'effacent et qui s'impose par la force et une attitude agressive.Ansi, dans le dialogue "théatral", le ton indique un mépris insultant vis-à-vis de Simon par le tutoiement "toi" ou "Simon,quoi". Il se fait que répéter des choses qu' il a déjà dit à travers des phrases simples, voire primaire, comme lui (en effet, un enfant de 14 ans en primaire,qui ne trouve public que chez les plus petits?)
Quant au reste du groupe, ils sont caractérisés par leur esclavage vis-à-vis du chef, par leur naïveté, et par leur crédulité vis-à-vis du discours des adultes. Leur ignorance (comment peut-on ne pas avoir de père?) est décrite avec grossierté. D'aileurs, chez eux, l'inexpliqué provient inconsciemment des parents ayant une certaine confusion d' esprit. Ainsi, le groupe se résume en un chef primaire qui a le courage facile et d'autres gamins qui consistent à faire masse derrière le plus fort.

Tandis que le sentiment chez le groupe passe de l' étonnement à la méchanceté, chez Simon, on passe de la surprise à l' embarrassement pour finir par le déséspoir. Tout d'abord, l'arrivée du héros est mis en valeur par des procédés d'attente, puis par un gros plan que sur sa personne. L'embarrassement du petit est visible par le "sans comprendre". Mais cet enfant est présenté comme le fils de Blanchotte. Ainsi, ce n'est pas lui qu'on aperçoit, mais sa mère au travers lui. D'ailleurs, le prénom de celle-ci n' est pas bénin.Une certaine candeur et innocence (voire de pureté) se dégage, malgré un côté péjoratif avec le suffixe "hotte". D'ailleurs, l'enfant aussi est "pâle". Puis, Simon est toujours resté avec sa mère ("il ne sortait jamais") ("c'est le garçon à sa maman) .Ainsi, il a tout pour être le souffre-douleur typique, d' autant plus qu' il a un aspect pacifique, chose inacceptable aux yeux des autres gamins. Les questions, alors posées par le chef ne lui laissent pas autre choix que de faire "l'aveu" qu'il se nomme "Simon"(répété 3 fois). Cruellement,les autres enfants le héros sur le trait que sa mère vit seule.
Ce dernier évolue donc dans le texte.de pâlot, il passe à "livide", pour finalement vasciller(s'appuie contre un arbre) de déséspoir. A un moment, il a "l'énérgie du déséspoir"(autre gosse). Après avoir été poussé à bout, on lui dérobe la seule planche de salut qu' il avait avec celui qui lui ressemblait.

Un auteur qui nous décrit une telle scéne désire nous faite réfléchir tout comme Hugo, bien que celui-ci soit plus didactique (séparation de l' histoire et de la morale). Maupassant, lui, joue avec l'ironie. Ainsi, il traite ici des sujets tels que: l'éducation des parents, des rumeurs, les effets sur les enfants...De la même façon, il exprime et il nous fait réfléchir sur les attitudes en groupe (ex : l'autre petit). D' ailleurs, l' auteur intervient afin de donner son avis au sujet de la traite des gamins à l' encontre de quelqu' un de différent. Il se présente parfois comme omniscient, mais su, tout ceci est ambigue(ex:§4 ou l.27) (est-ce du style indirect libre) En fait,le point de vue est une focalisation zéro. De plus,il juge ses personnages.Ces groupes sont caractérisés de termes péjoratifs comme (l.16) :"presque gauche"ou "galopins" ouu "enorgueillit"... La cruauté du groupe est alors mise en valeur de façon à ce que la faiblesse de Simon apparaisse clairement. Sans compter la comparaison du groupe à des bêtes comme des poules des champs ou ces fils de champs. Maupassant prend donc nettement parti surtout dans la dernière phrase, très solenelle où l'antithèse et l'hyperbole (ex : écrasait) donne un coté pathétique au texte. L'auteur montre ainsi l'absurdité des relations humaines, en nous peignant des enfants cruels, contrairement aux habitudes.

Ainsi en ce texte où le naturalisme domine malgré le ton final emphatique, Maupassant nous décrit une scène banale dans une cour d'école en pleine campagne .Mais les enfants sont dépeints, étonnament en tant que petits adultes cruels. Ainsi derrière l'anecdote, l'auteur critique la société et met en valeur l'influence des rumeurs sur une personne et l'attitude au milieu d'un groupe. D'après l'écrivain, l'homme peut s'avilir au point de ressembler à une bête. Alors, ainsi que Zola dans la Bête Humaine, un certain pessimisme se dégage de l'oeuvre "originale" comme le demande Maupassant à tous les artistes dans sa préface de Pierre et Jean.

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