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Pierre et Jean, Chapitre 5
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Maupassant - Pierre et Jean - Chapitre 5 - La plage de Trouville


Pierre et Jean, Chapitre 5
1 Pierre marchait au milieu de ces gens, plus perdu, plus séparé d'eux, plus isolé, plus noyé dans sa pensée torturante, que si on l'avait jeté à la mer du pont d'un navire, à cent lieues au large. Il les frôlait, entendait, sans écouter, quelques phrases ; et il voyait, sans regarder, les hommes parler aux femmes et les femmes sourire aux hommes.
Mais tout à coup, comme s'il s'éveillait, il les aperçut distinctement ; et une haine surgit en lui contre eux, car ils semblaient heureux et contents. Il allait maintenant, frôlant les groupes, tournant autour, saisi par des pensées nouvelles. Toutes ces toilettes multicolores qui couvraient le sable comme un bouquet, ces étoffes jolies, ces ombrelles voyantes, la grâce factice des tailles emprisonnées, toutes ces inventions ingénieuses de la mode depuis la chaussure mignonne jusqu'au chapeau extravagant, la séduction du geste, de la voix et du sourire, la coquetterie enfin étalée sur cette plage lui apparaissaient soudain comme une immense floraison de la perversité féminine. Toutes ces femmes parées voulaient plaire, séduire, et tenter quelqu'un. Elles s'étaient faites belles pour les hommes, pour tous les hommes, excepté pour l'époux qu'elles n'avaient plus besoin de conquérir. Elles s'étaient faites belles pour l'amant d'aujourd'hui et l'amant de demain, pour l'inconnu rencontré, remarqué, attendu peut-être. Et ces hommes, assis près d'elles, les yeux dans les yeux, parlant la bouche près de la
bouche, les appelaient et les désiraient, les chassaient comme un gibier souple et fuyant, bien qu'il semblât si proche et si facile. Cette vaste plage n'était donc qu'une halle d'amour où les unes se vendaient, les autres se donnaient, celles-ci marchandaient leurs caresses et celles-là se promettaient seulement. Toutes ces femmes ne pensaient qu'à la même chose, offrir et faire désirer leur chair déjà donnée, déjà vendue, déjà promise à d'autres hommes. Et il songea que sur la terre entière c'était toujours la même chose. Sa mère avait fait comme les autres, voilà tout ! Comme les autres ? - non ! Il existait des exceptions, et beaucoup, beaucoup ! Celles qu'il voyait autour de lui, des riches, des folles, des chercheuses d'amour, appartenaient en somme à la galanterie élégante et mondaine ou même à la galanterie tarifée, car on ne rencontrait pas, sur les plages piétinées par la légion des désœuvrées, le peuple des honnêtes femmes enfermées dans la maison close.
Situation :
Les soupçons de Pierre quant à la conduite de sa mère semblent se confirmer. Solitaire, triste, assailli par le doute et la jalousie, il en vient à se poser des questions sur les femmes en général, au cours d'une promenade sur la plage.


Problématique : Nous montrerons comment ce passage propose la déformation du monde pour Pierre à cause de la culpabilité ainsi que l’aspect obsessionnel qui se dégage et la mise en place de l’isolement du personnage.


I Réquisitoire des femmes
- 1er paragraphe : description réaliste, neutre
-2ème paragraphe : description prise en charge par Pierre. Discours accusateur. Accumulation d'adjectifs péjoratifs : "artificiel". Adjectifs post-posés --> mise en évidence.
- Aspect artificiel et ostentatoire des tenus. Jeu de la séduction, de l'appat pour conquérir les amants
- Métaphore filée de la chair = répulsion du lecteur. Commerce du corps : condamnable.
- Complicité homme/femme. Les hommes sont complices. Jeu conventionnel homme femme.

Pierre tient donc un discours accusateur envers les femmes. Mais ce procès d'attention ne fait qu'accentuer son isolement.


II – L’isolement de Pierre
- Perversité morale des femmes, dans les yeux de Pierre : "lui apparaissaient"
- La perversité est du côté de la femme, selon Pierre. "Haine" totale de Pierre envers les femmes. Apparait surtout à travers la répétition anaphorique "pour" : intention de tromper
- Volonté d'universalité, d'englober : "la terre entière".
- Comportement d'excuse : "comme les autres"
- gradation croissante de la vision de Pierre par rapport aux femmes = isolement de Pierre, sur un plan physique
- chiasme : réciprocité hommes/femmes qui exclut Pierre = isolement de Pierre, sur un plan relationnel
- Pierre est donc isolé sur un plan physique, relationnel mais aussi sensoriel : "sans regarder"

La culpabilité de sa mère entraine une obscession de la perversité chez Pierre d'où une vision différente du monde.


Conclusion
Du fait de la culpabilité de sa mère, Pierre déforme le monde environnant et s'isole de plus en plus. Il se retrouve finalement seul contre tous. Cet isolement ne fera que s'accentuer jusquà la fin du roman et son départ en bateau.

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